Le ciel de janvier 2025

Publié le 27 décembre 2024

L’année 2025 commence avec la pluie d’étoiles filantes des Quadrantides et le ciel de janvier nous offrira de beaux ballets planétaires avec notamment Saturne qui passe derrière la Lune et l’opposition de Mars.

Le ciel de janvier 2025

Début janvier nous confirme, comme chaque année, que c’est bien l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre qui crée les saisons. Le 4 janvier, notre planète sera au plus près du Soleil sur son orbite à 147 millions de kilomètres alors qu’elle en était au plus loin le 5 juillet 2024 (152 millions de kilomètres).
Notons que ce principe ne s’applique pas à Jupiter et ceci pour deux raisons. Tout d’abord, l’axe de rotation de la plus grande planète du Système solaire n’est incliné que de 3°, ce qui limite ce facteur. Surtout, la distance entre Jupiter et le Soleil connaît un plus grand écart (64 millions de kilomètres) et devient alors significative. Le programme OPAL du télescope spatial Hubble a documenté l’importance de cette distance pour le mécanisme des saisons joviennes.
Nous retrouverons Jupiter dans le spectacle du ciel de janvier ainsi que d’autres belles rencontres.
Tous les horaires indiqués sur cette page sont ceux de l’heure légale en France métropolitaine (celle de votre montre). Les cartes sont calculées pour Toulouse, mais restent applicables dans leur principe à la France métropolitaine.

Le ciel nocturne de janvier 2024

Cette carte montre le ciel pour Toulouse le 15 janvier à 21h00 (heure légale, donc celle de votre montre).
Elle est valable en grande partie pour le mois de janvier sur toute la France métropolitaine, sauf en ce qui concerne la position de la Lune (sur la gauche).
© Cité de l’espace/Stellarium

La pluie d’étoiles filantes des Quadrantides

Au début de la nouvelle année on prend traditionnellement des résolutions, alors pourquoi ne pas s’aider de quelques vœux en profitant d’une pluie d’étoiles filantes ? Au risque de passer pour un rabat-joie, rappelons que les vœux émis lors du passage d’un météore dans le ciel n’ont toutefois aucune raison de se réaliser plus que d’autres…

Pourquoi Quadrantides ?

Le point d’où semblent venir les étoiles filantes par effet de perspective, le radiant, des Quadrantides se situe dans la constellation du Bouvier. Le nom vient toujours d’une constellation, celle du Quadrant, mais elle a été supprimée des catalogues en 1922. Le nom de la pluie est cependant resté.
Pour 2025, le pic est annoncé pour la nuit du 2 au 3 janvier, mais celle du 3 au 4 n’est pas à négliger. Une jeune Lune (croissant à 11 %) ne gênera pas. Notre carte montre la position du radiant dans la nuit du 2 au 3 janvier à 2h du matin, mais inutile d’attendre si tard, ni de regarder spécifiquement dans cette direction. Comme toujours, il faut embrasser de son regard l’ensemble du ciel en patientant afin de saisir une rentrée d’une poussière, en l’occurrence semée par 2003 EH, un objet de 2 à 4 km de large considéré comme une comète éteinte. Les Quadrantides peuvent atteindre un taux horaire zénithal de 120 (soit 120 étoiles filantes par heure, mais uniquement dans les meilleures conditions loin de toute pollution lumineuse). Surtout, le pic ne dure que quelques heures et il pourrait bien se produire en plein jour le 3 pour l’Europe. Les nuits du 2 au 3 ou du 3 au 4 n’offriraient alors qu’un avant et après spectacle. N’oubliez pas surtout de bien vous couvrir, les nuits de janvier étant froides (le conseil vaut pour les autres rendez-vous célestes).

Le radiant des Quadrantides au-dessus de l’horizon Nord-Est le 3 janvier à 2h du matin.
© Cité de l’espace/Stellarium

Les phases de la Lune et de Vénus

Le 3 janvier, après le coucher du Soleil, signe un rendez-vous entre la Lune et Vénus. La deuxième planète du Système solaire étant plus proche de notre étoile que nous, elle montre des phases. En ce moment, elle exhibe une « demi-Vénus ». À 19h, un jeune croissant de notre satellite naturel et «l’étoile du berger» (qui n’est pas une étoile bien sûr) formeront un joli duo à une vingtaine de degrés au-dessus de l’horizon Sud-Ouest. La phase de Vénus demandera au moins des jumelles.

La Lune et Vénus ensemble le 3 janvier à l’horizon Sud-Ouest.
© Cité de l’espace/Stellarium

La Lune occulte Saturne 

Ces derniers mois, nous vous avons proposé plusieurs rendez-vous entre notre voisine céleste et la géante gazeuse aux anneaux. Cette fois-ci, le rendez-vous devient une rencontre complète puisque Saturne passera derrière la Lune (ce qu’on appelle une occultation). L’événement commencera le 4 janvier environ 30 minutes après le coucher du Soleil.
Saturne glissera derrière la partie non-éclairée par le Soleil de la Lune à partir de 18h21 pour Toulouse. L’horaire varie de quelques minutes en fonction d’où vous êtes. Par exemple à Paris, l’occultation commence à 18h23. La disparition de Saturne et ses anneaux prend quelques dizaines de secondes : un spectacle à suivre avec au moins de bonnes jumelles.
À peine plus d’une heure plus tard, la géante annelée émergera du croissant brillant de notre satellite naturel (19h28 pour Toulouse). Même si le duo Lune-Saturne sera à une trentaine de degrés de hauteur dans le ciel, prévoyez un horizon Sud-Ouest dégagé : il serait dommage qu’un arbre ou un immeuble ne bloque la vue !

Screenshot

Schéma de l’occultation de Saturne par la Lune fourni par l’IMCCE. Un tel schéma et les horaires précis pour votre lieu d’observation sont disponibles sur cette page de l’IMCCE.

L’occultation de Saturne par la Lune. Si notre satellite naturel sera alors à 369400 km, la géante aux anneaux trônera à 1,4 milliard de kilomètres de nous !

© Cité de l’espace/Stellarium

La Lune et Jupiter

Après Saturne, passons à une autre géante gazeuse, Jupiter. Mais sans occultation. À l’Est le 10 janvier, la Lune sera un peu au-dessus de la plus grande planète du Système solaire. L’éclat insolent de cette dernière vous garantit de la repérerer sans coup férir. Avec de bonnes jumelles, vous pourrez aussi voir les lunes joviennes Ganymède, Europe et Io.

Bien plus près de l’horizon, notez l’éclat orangé de Mars dont nous allons parler plus bas.

Jupiter se remarque aisément dans le ciel du fait de son éclat, mais le 10 janvier, la Lune vous aide. 

© Cité de l’espace/Stellarium

Rendez-vous serré entre Mars et la Lune

Pas d’occultation pour la France métropolitaine, mais le rendez-vous entre notre voisine céleste et la planète rouge s’annonce «serré» le 14 janvier à 5h30 du matin. C’est à cette heure très matinale que Mars sera au plus près, à environ 1/3 de diamètre lunaire de notre satellite naturel.

Le rendrez-vous serré entre la Lune et Mars se déroulera à un peu plus d’une trentaine de degrés de hauteur au-dessus de l’horizon Ouest.
© Cité de l’espace/Stellarium

L’opposition de Mars

Le 16 janvier, la planète rouge est à l’opposition. Ce qui signifie que notre étoile le Soleil, la Terre et Mars sont alignées dans cet ordre. Petite subtilité de la mécanique céleste (due à l’excentricité de l’orbite martienne), la plus faible distance entre nous et Mars (pour cette opposition) s’est produite quatre jours avant, le 12 janvier à 14h38, avec 96 millions de kilomètres. Bien évidemment, la période pour observer avec une lunette ou télescope Mars est favorable. Les astronomes amateurs attendent généralement que la planète «monte» dans le ciel après le coucher du Soleil, car plus au-dessus de l’horizon elle se trouve et moins la turbulence atmosphérique intervient (on regarde la planète en traversant une moins grande épaisseur d’atmosphère terrestre). Notre carte est calculée pour le 16 janvier à 21h30, mais l’opposition a eu lieu exactement le même jour à 2h32 (donc la nuit précédente).

Le 16 janvier, Mars est à l’opposition.

© Cité de l’espace/Stellarium

Saturne et Vénus à l’Est

On les a vues toutes deux proches de la Lune ce mois-ci, les voici ensemble le 18 janvier après le coucher du Soleil. L’occasion, une fois de plus de s’amuser avec les distances astronomiques. Au-dessus de l’horizon Sud-Ouest, Saturne et Vénus apparaîtront proches à nos yeux alors que la première est à 1,5 milliard de kilomètres de nous et la seconde à «seulement» 94 millions de kilomètres

Saturne et Vénus forment un duo à une trentaine de degrés au-dessus du Sud-Ouest le 18 janvier à 18h30

© Cité de l’espace/Stellarium

Panorama de planètes

Peut-être aurez-vous entendu parler d’un «alignement de planètes» pour ce mois de janvier ? Il est vrai qu’autour du 21 janvier, les conditions seront idéales pour voir Mars, Jupiter, Vénus et Saturne se partager le ciel sur un vaste panorama de l’Est au Sud-Ouest. Il y a aussi Uranus et Neptune, mais ces deux planètes ne sont pas suffisamment lumineuses pour être visibles à l’œil nu.
La notion d’alignement est trompeuse en ce sens qu’il n’y a pas de «mise en rang» des planètes. En revanche, toutes issues du même disque protoplanétaire, elles orbitent autour du Soleil à peu près dans le même plan (appelé l’écliptique).

Position des planètes du Système solaire le 21 janvier comme si on le regardait « d’en haut ». Pas vraiment d’alignement en vu…
©Cité de l’espace d’après Heaven-Above

Le 21 janvier à 19h00, 6 planètes vous attendent de l’Est au Sud-Ouest, dont 4 visibles à l’oeil nu (Mars, Jupiter, Vénus et Saturne). Cette configuration se produit quelques jours avant et après, même si la position de Vénus changera notablement. Plus les jours passent et plus Saturne plongera dans le couchant. Un croissant de Lune s’ajoutera au panorama fin janvier et début février.

© Cité de l’espace/Stellarium

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