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La Chine va tester une brique de base lunaire

Publié le 20 novembre 2024

Une brique, conçue par l’université de Huazhong pour construire une base lunaire, va être placée à l’extérieur de la station chinoise sur orbite terrestre afin de tester sa résistance au vide spatial.

La Chine va tester une brique de base lunaire

Le programme lunaire de la Chine ne cesse d’avancer méthodiquement (réussites de mission robotiques) tout en dévoilant peu à peu les ambitions futures en ce qui concerne son volet habité. L’agenda officiel annonce une première arrivée d’astronautes chinois sur la Lune d’ici 2030 (probablement en 2029 pour les 80 ans de la République populaire) et récemment le scaphandre qui sera utilisé a été présenté.
Parallèlement, les plans à long terme se précisent avec notamment l’idée d’une base sur la Lune qui pourrait être construite avec des briques.

Une brique lunaire autour de la Terre

Tradition et modernité

Les briques en question ont des formes qui permettent un assemblage selon les méthodes de construction traditionnelles chinoises qui s’appuient sur un savoir-faire vieux de 7000 ans ainsi que le souligne le reportage ci-joint de la chaîne CGTN. On y voit aussi le professeur Zhou Cheng de l’université des sciences et des technologies de Huazhong expliquer qu’en réalisant ces briques avec un matériau qui simule ce qu’on trouve dans le sol lunaire on obtient même des éléments plus résistants que leurs homologues terriens.

Illustration d’une base lunaire assemblée avec les briques de l’université de Huazhong. Un visuel relayé par les médias chinois.
© Employé à titre d’illustration du propos

Des échantillons de ces briques ont été amenés le 15 novembre à bord de la station spatiale chinoise avec le cargo Tianzhou-8. Placés à l’extérieur, ils permettront de vérifier si ce concept de brique supporte l’agressivité de l’environnement lunaire. Les conditions sont en effet similaires en terme de forts écarts de température et d’exposition au vide spatial.

Construire avec ce que donne la Lune

Si ces prototypes de briques utilisent un matériau de base simulant ce qu’on trouve à la surface de la Lune, c’est parce que l’idée est de fabriquer en série de façon automatisée (par exemple avec l’impression 3D) ces éléments avec ce dont on dispose là-haut. C’est autant qu’il ne faudra pas transporter depuis la Terre vers notre satellite naturel. Les équipements nécessaires doivent en effet être beaucoup moins massifs que la totalité des briques ainsi produites. Très concrètement, on aboutit à une forte réduction des vols cargo entre la Terre et la Lune consacrés à la construction d’une future base.

Une méthode étudiée par la NASA et l’ESA

Ce genre de solutions qui reposent sur l’utilisation des ressources locales (ou ISRU, In-Situ Resource Utilization, dans le jargon de la NASA) sont étudiées depuis plusieurs années par l’agence américaine ainsi que par l’Agence Spatiale Européenne (ESA). D’ailleurs, au sein de son exposition Lune : Épisode II, la Cité de l’espace montre et explique cette approche grâce à un prototype ESA de parpaing lunaire fabriqué en impression 3D avec un matériau similaire au régolithe (la poussière à la surface de notre satellite naturel).

Avec son concept de brique, on pourrait avancer que la Chine «copie» de telles initiatives, mais gardons à l’esprit que les contraintes techniques et logistiques étant les mêmes (ici bâtir une base lunaire), les solutions sont forcément semblables.

Ce prototype de brique ESA imprimée en 3D à partir d’un simulant de poussière lunaire fit partie de l’exposition Lune – Episode II de la Cité de l’espace de Toulouse.
© Cité de l’espace/Benjamin Peter

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