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6ᵉ vol d’essai du Starship : un pas en avant, un pas en arrière

Publié le 20 novembre 2024

Lors de l’IFT6, le 6ᵉ vol d’essai du Starship, SpaceX n’a pas réitéré l’exploit de récupérer son immense booster Super Heavy. Mais la rentrée atmosphérique et l’amerrissage maîtrisé de l’étage supérieur sont une nouvelle étape vers la qualification du lanceur.

6ᵉ vol d’essai du Starship : un pas en avant, un pas en arrière

C’est vrai qu’on est un peu déçus. On espérait revoir un spectaculaire retour du booster Super Heavy B13. Ce ne fut pas le cas. Le B13 a toutefois réalisé un retour contrôlé au-dessus du Golfe du Mexique. Les autres objectifs de ce 6ᵉ vol d’essai concernaient le vaisseau Starship lui-même. Rallumage du moteur Raptor dans le vide spatial, rentrée atmosphérique maîtrisée et amerrissage tout en douceur, en plein jour et sous l’œil des caméras de SpaceX. La firme américaine en a, une nouvelle fois, mis plein la vue. Des progrès qui rapprochent la fusée la plus puissante du monde de la qualification. Mais ces progrès seront-ils suffisants pour assurer le retour des astronautes sur la Lune en 2026 ?

Le booster Super Heavy B13 n’a pas pu effectuer un retour sur la tour de lancement, comme lors de l’IFT5, en octobre dernier.

© SpaceX

Échec du retour du booster B13

Le booster B13 n’a pas pu revenir sur la tour de lancement comme son prédécesseur

SpaceX n’a pas pu confirmer la méthode de récupération de son booster

C’était le spectacle qu’on attendait. Alors que le monde du spatial s’était extasié, il y a quelques semaines, avec l’impressionnant retour du B13 dans les bras, les chopsticks, de la tour de lancement, on en attendait au moins autant. SpaceX avait d’ailleurs annoncé d’importantes modifications dans le logiciel de son super propulseur. La principale difficulté était de réitérer l’exploit. Mais quelques minutes après le décollage, on a appris que les conditions pour une récupération du booster n’étaient pas réunies. Le booster B13 a donc effectué un retour maîtrisé dans le Golfe du Mexique.

Le ship, la star de l’IFT6

C’est avec la rentrée atmosphérique du Starship, que les progrès les plus marquants ont été réalisés

Les autres objectifs de ce vol d’essai n°6 concernaient le vaisseau Starship, la partie supérieure du lanceur. Une fois le hot stagging, la séparation à chaud avec le booster, réalisé, le vaisseau a entamé son périple vers l’océan Indien à une vitesse suborbitale de 26500 km/h environ. 47 minutes après le décollage, le Starship a remis en route l’un de ses moteurs Raptor. C’est la première fois que cette manœuvre, pourtant prévue dès le vol d’essai n°3, a pu être réalisée, avec succès.

Le Starship a réalise ce retour maîtrisé dans l’Océan Indien. 

©SpaceX

Même pas chaud

 Ensuite, c’est la nouvelle configuration du bouclier thermique qui était testée. Les tuiles qui composent la protection du vaisseau ont été replacées en fonction des données recueillies lors des vols précédents et plus de 2100 ont été supprimées pour alléger le poids du vaisseau. Les ingénieurs souhaitaient tester les limites de l’engin qui, bien que soumis aux mêmes contraintes extrêmes, semble avoir formidablement résisté à sa rentrée dans l’atmosphère. Enfin, l’horaire choisi par SpaceX autorisait un amerrissage de jour. Après un peu plus d’une heure de vol, le vaisseau a rejoint précisément la zone prévue dans l’océan Indien, au large de l’Australie. Il a remis en route ses moteurs pour effectuer une arrivée contrôlée à proximité de la surface de l’eau, avant de s’effondrer, mais sans explosion, cette fois.

La charge utile de ce 6e vol d’essai du Starship était… une banane. Ceci pour se rendre compte des dimensions titanesques de cet engin.
© SpaceX

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Quelques minutes avant le décollage, SpaceX a diffusé ces deux vues d’artistes comme pour rassurer la NASA que le remplissage des réservoirs d’ergols en orbite terrestre et l’alunissage restait ses principaux objectifs.

© SpaceX

L’horloge tourne

Le Starship sera-t-il prêt pour Artemis III en 2026 ?

Plusieurs fois repoussée, la mission Artemis III qui prévoit le retour d’astronautes sur la Lune est désormais annoncée pour 2026. Dans l’architecture de cette mission, le Starship joue un rôle central, celui de HLS, Human Landing System. En clair, Apollo avait le module lunaire, LEM, Artemis II et Artemis IV auront le Starship dans une configuration d’atterrisseur lunaire. Mais pour réussir cela, il faudra alimenter le Starship en ergols, en orbite terrestre, pour lui permettre d’entamer son voyage jusqu’à l’orbite de la Lune. Les astronautes d’Artemis, eux, partis dans une capsule Orion, viendraient s’amarrer au Starship pour effectuer leur descente sur le sol de la Lune. Ce retour sur la Lune est expliqué dans l’expérience LuneXplorer à la Cité de l’espace où les visiteurs peuvent ressentir les accélérations d’un décollage vers la Lune.

Encore quelques démonstrations

Or, le contrat commercial signé entre SpaceX et la NASA prévoit notamment une démonstration de ravitaillement en ergols, en orbite, mais également et peut-être surtout, un alunissage sans équipage. Il reste deux ans à SpaceX pour réaliser ces exploits et conduire un équipage de quatre astronautes sur la Lune s’ils souhaitent maintenir ce calendrier. Même si les progrès accomplis sont considérables quand on sait qu’il y a seulement un an, le lanceur n’effectuait que son deuxième vol d’essai. Il testait alors pour la première fois la séparation à chaud du booster.

De son côté, la Chine vise l’année 2029, date des 80 ans de la révolution, pour son vol lunaire habité. Côté américain, le changement d’administration, avec l’investiture de Donald Trump le 20 janvier prochain, pourrait accélérer les choses. Ce d’autant plus que c’est lui qui lors de son premier mandat avait relancé le programme lunaire. Sans compter que sa confiance envers Elon Musk, futur ministre de l’efficacité gouvernementale, n’est plus à prouver. Le président élu était d’ailleurs, cette nuit à Boca Chica pour suivre ce décollage, aux côtés du patron de SpaceX.

Revivez le 6e vol d’essai du Starship en vidéo

Le 19 novembre 2024 à 23h, le Ship 31 et le booster Super Heavy B13 ont quitté le pas de tir de Boca Chica

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