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Starship : avec IFT5, SpaceX tente le retour du Super Heavy sur le pas de tir

Publié le 11 octobre 2024

Pour le cinquième Integrated Flight Test (IFT5) de son lanceur géant Starship, SpaceX a prévu de faire revenir le premier étage Super Heavy sur son pas de tir en l’attrapant avec des bras mécaniques. Une manœuvre inédite.

Starship : avec IFT5, SpaceX tente le retour du Super Heavy sur le pas de tir

SpaceX a annoncé viser le 13 octobre pour procéder au cinquième vol d’essai du Starship. Sur la base de Boca Chica au Texas, tout est présenté comme prêt au départ avec pour seule attente une décision de la FAA (Federal Aviation Administration), seule agence fédérale autorisée à donner ou non le feu vert pour un lancement spatial depuis le territoire des États-Unis.

Mise à jour du 13 octobre 

Succès d’IFT5 : le premier étage Super Heavy est revenu vers son pas de tir et a été saisi par les bras mécaniques.

Le deuxième étage Starship (ou Ship) a comme prévu amerri dans l’océan Indien dans la zone visée. La vidéo ci-contre vous permet de revoir le direct SpaceX.

Le plan de vol d’IFT5

Un schéma mis en ligne par SpaceX montre que, par rapport aux vols précédents, le premier étage Super Heavy effectuera une manœuvre de retour vers son pas de tir. Pour cela, après 2 minutes et 41 secondes, le Super Heavy se séparera du deuxième étage (appelé Ship ou aussi Starship) qui continuera vers une orbite partielle.

Retour sur le pas de tir

Effectuant une sorte de demi-tour, le Super Heavy tentera de rejoindre sa tour de lancement où deux bras mécaniques l’attraperont lors de sa phase finale de descente (environ 7 minutes après le décollage). La procédure est appelée «Landing burn and catch».
Si la trajectoire ne répond aux critères attendus, le Super Heavy amerrira dans le golfe du Mexique comme lors du précédent vol IFT4.
Le deuxième étage Ship (ou Starship) doit procéder à un amerrissage contrôlé dans l’océan Indien, donc un bis d’IFT4, mais en espérant un vaisseau en meilleur état puisque SpaceX souligne que la protection thermique a été retravaillée.

Schéma du vol IFT5 par SpaceX.
© SpaceX

La base de lancement du Starship à Boca Chica au Texas.
© Cité de l’espace d’après photo SpaceX

La tour de lancement

Un «étage 0»

La photo ci-contre détaille les principaux éléments du Starship dont les chiffres donnent le vertige. Une hauteur totale de 121 m, dont 71 m pour le premier étage Super Heavy doté à lui seul de 33 moteurs Raptor, et un peu plus de 5000 tonnes au décollage…

À côté de la table de lancement, l’OLM pour Orbital Launch Mount, la tour de 145 m s’impose comme un élément essentiel du système Starship, au point d’être parfois considérée comme un «étage 0». Avec ses bras mécaniques surnommés chopsticks (baguettes, en référence à celles qui servent dans la cuisine asiatique), cette structure saisit le Super Heavy pour le placer sur l’OLM, puis le Ship pour le hisser au-dessus. Surtout, par leur mobilité, même limitée, les chopsticks attraperont le Super Heavy lorsqu’il descendra le long de la tour, assurant ensuite sa mise en place sur l’OLM.
Si SpaceX réutilise déjà le premier étage de son lanceur Falcon 9, la procédure pour le Super Heavy est inédite par les dimensions du Super Heavy et par l’ambition de préparer ce dernier aussi vite que possible pour un autre vol en lui ajoutant un deuxième étage. Il faut dire qu’une cadence de lancements élevée est au cœur du système Starship afin de permettre de ravitailler en carburant sur orbite un deuxième étage Ship préalablement lancé. Sans cela, certaines missions, notamment aller vers la Lune pour servir d’atterrisseur, ne pourront pas être accomplies.

Un enjeu pour Artemis

Annoncé sur le site de SpaceX comme conçu pour «l’orbite terrestre, la Lune, Mars et au-delà», le Starship a été retenu par la NASA pour servir d’atterrisseur lunaire dans le cadre du programme Artemis (les astronautes vont vers la Lune avec la capsule Orion et le SLS de l’agence américaine, mais se posent à la surface avec une version spécifique du Starship).
Cette sélection pour le retour sur la Lune explique pourquoi chaque vol d’essai est suivi avec attention par la NASA. De plus, les performances de cet engin hors-norme (100 tonnes sur orbite basse, réutilisation totale) pourraient donner à SpaceX (et aux États-Unis) un avantage décisif en matière d’accès à l’espace.

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