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Starship IFT-5 : SpaceX réussit l’incroyable retour sur le pas de tir

Publié le 14 octobre 2024

Lors du cinquième vol d’essai du lanceur géant Starship, le premier étage Super Heavy est revenu sur le pas de tir, attrapé au vol par deux bras mécaniques. Une manœuvre inédite pensée pour permettre une réutilisation rapide.

Starship IFT-5 : SpaceX réussit l’incroyable retour sur le pas de tir

Dimanche 13 octobre à Boca Chica au Texas, les équipes de SpaceX ont mené avec succès le cinquième vol d’essai (IFT-5 pour Integrated Flight Test n°5) du Starship, le plus grand lanceur au monde avec 121 m de haut et 5000 tonnes au décollage.
Surtout, l’incroyable manœuvre de retour sur le pas de tir du premier étage Super Heavy s’est déroulée comme prévu.

Starship épisode 5

Pour l’essentiel, IFT-5 reprenait le plan de vol du précédent essai, IFT-4. Ainsi, en conclusion, un peu plus d’une heure après le décollage, l’étage supérieur (le Starship aussi appelé Ship), est rentré dans l’atmosphère après une orbite partielle pour amerrir dans l’océan Indien.
Toutefois, le point d’orgue d’IFT-5 fut sans conteste le retour sur le pas de tir du premier étage Super Heavy de 71 m de haut. Deux minutes et 40 secondes après l’envol, à environ 70 km d’altitude, cet étage se sépara du second. 

Décollage du Starship pour IFT-5 à 7h25 du matin le 13 octobre 2024, heure locale du Texas.
©SpaceX

L’incroyable séquence du retour du Super Heavy (71 m de haut !) qui finit son vol dans les bras mécaniques de la tour du pas de tir qu’il avait quitté quelques minutes auparavant.
©Cité de l’espace d’après une vidéo SpaceX

Un premier étage attrapé avec des «baguettes»

Alors que pour IFT-4, le Super Heavy arriva dans le golfe du Mexique (que bordent les installations de SpaceX au Texas), cette fois-ci, il se dirigea vers le pas de tir qu’il avait quitté à peine quelques minutes auparavant.
La vitesse de retour était plutôt impressionnante. Songez qu’à peine une trentaine de secondes avant d’être saisi par les bras mécaniques de la tour du pas de tir, le premier étage fonçait encore à 1000 km/h à 1 km d’altitude !

Freinage par rétropropulsion 

La remise en route d’une partie des 33 moteurs Raptor a fourni le «freinage» nécessaire par rétropropulsion ainsi que les ajustements de trajectoire pour finir comme prévu dans les bras mécaniques, surnommés chopsticks (allusion aux  baguettes de la cuisine asiatique).

L’exploit technique a notamment été salué sur le réseau X par l’astronaute de l’ESA Thomas Pesquet ou l’administrateur de la NASA Bill Nelson.

Une cadence de vol au cœur du système Starship

Alors que SpaceX maîtrise avec son lanceur Falcon 9 le retour d’un premier étage qui déploie des jambes d’atterrissage (mais pas exactement sur le pas de tir), cette solution complexe des bras mécaniques peut étonner.
Tout d’abord, elle a pour avantage de ne plus devoir équiper le premier étage Super Heavy de jambes d’atterrissage, un gain de masse important qui augmente donc la performance du Starship.
Surtout, le but clairement affiché par SpaceX consiste à pouvoir faire revoler au plus vite un Starship. Le premier étage Super Heavy étant déjà à nouveau sur son pas de tir, il «suffit» de lui adjoindre un deuxième étage (les bras mécaniques servent aussi à cette fonction de levage) et remplir le tout en ergols pour décoller. Après IFT-5, Elon Musk a affirmé que le temps entre deux envols visait seulement quelques heures…

La base de lancement du Starship à Boca Chica au Texas.
© Cité de l’espace d’après photo SpaceX

Une cadence de vol élevée
Indispensable pour la Lune et d’autres missions 

Ce type de cadence, inédit en spatial, est potentiellement au cœur du système Starship. En effet, le deuxième étage Ship arrive sur orbite terrestre avec très peu d’ergols et devra être ravitaillé pour certains profils de mission. Un rythme élevé de vols servira alors à cette opération de ravitaillement sur orbite (un défi technique supplémentaire au passage).

Par exemple, n’oublions pas que pour mener à bien sa fonction d’atterrisseur lunaire dans le cadre du programme Artemis de la NASA, un Starship version Lune aura besoin de 10 vols (voire plus) d’autres Starship en version «tanker» sur orbite terrestre avant de partir vers notre satellite naturel.
Pour rappel, dans l’architecture actuelle, le Starship ne transporte pas les astronautes vers notre voisine céleste. Ce voyage aller-retour s’effectue à bord de la capsule Orion (et son module de service ESA) lancée par le SLS (Space Launch System).

L’exploit du retour accompli le 13 octobre doit donc devenir une réalité opérationnelle à un rythme soutenu. Et il s’agit peut-être là d’un défi encore plus grand.

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