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Le calendrier martien d’Elon Musk

Publié le 11 septembre 2024

Elon Musk a estimé que les premiers Starship se poseront sur Mars en automatique dès 2026, ouvrant la voie à une mission habitée 2 ans plus tard. Des dates optimistes pour rappeler, une fois de plus, l’objectif martien de SpaceX.

Le calendrier martien d’Elon Musk

Depuis qu’il a créé SpaceX en 2002, Elon Musk n’a jamais caché sa volonté de permettre à l’humanité de s’établir sur Mars. Le milliardaire en a même fait un objectif à long terme de sa firme spatiale et il l’a récemment rappelé sur le réseau social X (ex-Twitter).

Une mission habitée sur Mars en 2028

Et une ville autonome dans 20 ans !

Le Tweet en question a été posté le 8 septembre. Elon Musk y exprime le calendrier suivant (traduction).
«Les premiers Starship vers Mars seront lancés dans 2 ans, lorsque la prochaine fenêtre de transfert Terre-Mars s’ouvrira.
Ils seront inhabités afin de tester la fiabilité d’un atterrissage intact sur Mars. Si ces atterrissages se déroulent bien, les premiers vols avec équipage vers Mars auront lieu dans 4 ans.
Dès lors, le rythme des vols augmentera de manière exponentielle, avec pour objectif la construction d’une ville autonome d’ici environ 20 ans. Le fait d’être multiplanétaire augmentera considérablement l’espérance de vie probable de la conscience, car nous n’aurons plus tous nos œufs, littéralement et métaboliquement, sur une seule planète».

Le Tweet du 8 septembre d’Elon Musk induisant une première mission habitée martienne en 2028 (après un test en automatique 2 ans ans avant) et une ville autonome sur Mars d’ici 20 ans.
© Capture d’écran X

Un discours SpaceX qui n’a que peu varié

En parlant de fenêtre de transfert Terre-Mars, le patron de SpaceX fait référence au fait que les positions respectives de la Terre et de Mars sur leur orbite autorisent un lancement optimal vers la planète rouge environ tous les 26 mois. Un principe connu des missions vers cette destination. Ainsi, dans 2 ans, soit 2026, plusieurs Starship (c’est bien le pluriel qui est employé) décolleraient vers Mars pour s’y poser en automatique et en repartir, testant les capacités nécessaires à une mission habitée annoncée dans 4 ans, soit 2028. Par la suite, la multiplication des vols Starship (le lanceur géant s’annonce intégralement réutilisable et ambitionne une cadence de vol inédite) doit permettre selon le milliardaire d’amener suffisamment de fret sur Mars pour y bâtir une cité autonome. On retrouve ici un discours qui n’a que très peu varié depuis la fondation de SpaceX. Il en est de même pour «le fait d’être multiplanétaire», un concept avancé dès le début de l’ère spatiale et qui envisage une humanité installée sur d’autres mondes (en plus de la Terre, pas à la place de celle-ci) afin de garantir sa survie à plus long terme.

Image d’artiste de SpaceX montrant des Starship participant à la construction d’une vaste cité sur Mars. Un objectif à long terme de l’entreprise qui sous-tend sa communication depuis sa création.
© SpaceX

Mars ou la Lune ?

L’agenda martien rappelé par Elon Musk le 8 septembre lui permet, en appuyant sur une volonté de voir à long terme pour l’humanité, de faire une déclaration qui se démarque de son positionnement politique très clivant sur X. Positionnement qui lui vaut de nombreuses critiques qui souvent rejaillissent sur l’image de ses entreprises (SpaceX, mais aussi Tesla et X).
Les buts (vols habités, ville autonome) n’ont rien de nouveau, ni au passage le calendrier très optimiste. Le journaliste américain Jeff Foust, spécialisé dans le spatial, n’a d’ailleurs pas manqué de souligner qu’Elon Musk avait annoncé en 2017 des Starships en automatique sur Mars pour 7 ans plus tard, soit 2024, et de conclure qu’il y a 2,6 milliards de raisons pour lesquelles SpaceX serait plus occupé par la Lune en 2026. Les 2,6 milliards sont une allusion directe au montant du contrat avec la NASA par lequel SpaceX doit fournir à l’agence américaine un atterrisseur lunaire basé sur le Starship dans le cadre du programme Artemis.
Néanmoins, reconnaissons aussi que les programmes spatiaux ambitieux respectent rarement leur calendrier d’origine. Le télescope spatial James Webb a eu une dizaine d’années de retard et les nouveaux lanceurs dépassent fréquemment de plusieurs années leur date d’envol inaugural.

En embuscade pour Mars Sample Return ?

La déclaration martienne d’Elon Musk pourrait cependant aller plus loin que le seul effet d’annonce futuriste sensationnel.  N’oublions pas qu’il y a quelques mois, la NASA a établi que son programme de retour d’échantillons martiens Mars Sample Return (MSR) se révélait à la fois trop coûteux (10 milliards de dollars) et trop lent (retour des échantillons bien après 2030). En conséquence l’agence a lancé une consultation pour des méthodes «alternatives» et retenu en juin dernier 7 candidatures, dont celle de SpaceX intitulée Enabling Mars Sample Return With Starship (permettre le retour d’échantillons martiens avec le Starship). Le Tweet du patron de SpaceX peut alors être vu comme une affirmation des capacités du Starship qui n’aurait aucun mal à remplir les demandes de MSR. La NASA doit indiquer ses conclusions quant aux offres déposées le mois suivant, en octobre.

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