C’est quoi une pluie d’étoiles filantes ?

Elles reviennent chaque année dans le ciel nocturne. Les pluies d’étoiles filantes sont l’occasion de lever les yeux au ciel et de comparer ses connaissances. Mais comment s’explique ce phénomène, pourquoi revient-il avec une telle régularité, que peut-on espérer observer et quelles sont les meilleures conditions pour voir des étoiles filantes ? On vous explique.

« Ce soir, on regarde le ciel, il y a des étoiles filantes ». On entend souvent cette phrase, début août, au moment de la “Nuit des étoiles”. L’occasion est trop belle, les familles en vacances et les enfants ont le droit de se coucher un peu plus tard. Mais les Perséïdes d’août ne sont pas la seule occasion d’observer des météores dans le ciel nocturne – et même quelques bolides avec un peu de chance. Allongez-vous sur l’herbe ou sur un transat. Prenez un petit pull ou un plaid selon la saison. On vous emmène pour comprendre ce que sont les pluies d’étoiles filantes et comment maximiser vos chances d’en apercevoir.

La liste des prochaines pluies d’étoiles filantes

 

  • Issue de la comète 8P\Tempel
  • Radiant : Constellation de la Petite Ourse.
  • THZ : 10 météores par heure

  • Issue de l’astéroïde 2003 EH1
  • Radiant : Constellation du Bouvier (la constellation du Quadrant Mural a été supprimée en 1922, mais le nom de l’essaim de météores des Quadrantides est resté)
  • THZ : 110 météores par heure

  • Issue de la comète C/1861 G1 Thatcher
  • Radiant : Constellation de la Lyre
  • THZ : 18 météores par heure

© ESA / Traduction Cité de l’espace

Une étoile filante : c’est quoi ?

Ces météores sont des poussières qui s’embrasent en entrant dans l’atmosphère

Ce qu’on appelle communément une “étoiles filante” n’est pas une étoile. C’est la raison pour laquelle les astronomes préfèrent utiliser le terme de météore. On entend par météore, la trainée lumineuse qu’émet une poussière, une petite roche ou tout corps extraterrestre lorsqu’il pénètre dans l’atmosphère. La compression de l’atmosphère par ce corps qui y pénètre à grande vitesse génère un plasma. L’objet se vaporise et laisse l’air ionisé ce qui va créer la trainée.

Le plus souvent, ce sont des météoroïdes qui vont générer des météores. On parle de météoroïdes pour tout objet entre 30 micromètres et 1 m. Au-delà, l’Union astronomique internationale parle d’astéroïde. Vous avez peut-être déjà fait l’expérience d’une étoile filante très brillante qui traverse le ciel et dont la luminosité est proche de celle de la Lune. Dans ce cas, on peut parler de bolide.

Enfin, lorsqu’un corps extraterrestre touche le sol, on parlera, cette fois, de météorite. Souvent d’un aspect noir et comme fondu suite à leur traversée de l’atmosphère, elles sont activement recherchées par des spécialistes. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la plupart ne vont pas créer de cratère lorsqu’elles vont toucher le sol.

Pourquoi parle-t-on de pluie d’étoiles filantes ?

Lorsque la trajectoire de la Terre croise celle d’une comète ou d’un astéroïde, on peut profiter d’une pluie d’étoiles filantes

Si le grand public parle de “pluie d’étoiles filantes” les astronomes préfèrent utiliser l’expression “essaim de météore”. Mais, les deux expressions désignent la même chose. Chaque année, aux mêmes dates, on peut observer une multitude de météores zébrer le ciel. Le spectacle est fascinant. Cette régularité s’explique par la cause de cet essaim. À chaque fois, la trajectoire de la Terre, croise la trajectoire d’autres corps céleste. Lorsqu’il s’agit de comètes ou d’astéroïdes, leur sillage est composé de petits cristaux de glace, ou de poussière. Ce sont ces petits météoroïdes qui pénètrent dans l’atmosphère en quantité dans ces périodes et qui vont permettre d’observer de nombreux météores. Lors des Perséïdes, l’essaim de météores le plus connu, au début du mois d’août, la trajectoire de la Terre croise celle de la comète 109P/Swift-Tuttle.

© ESA

Où peut-on voir des étoiles filantes et où regarder ?

Protégez-vous un maximum de la pollution lumineuse, repérez le radiant et regardez au zénith

Perséïdes, Léonides, Géminides… les pluies d’étoiles filantes tirent leur nom de leur radiant. Le radiant, c’est la zone du ciel – le plus souvent c’est le nom de la constellation la plus proche – d’où , par effet d’optique, semble provenir ces étoiles filantes. Les astrophotographes apprécient de viser le radiant qui peut permettre de réaliser des clichés ou toutes les trainées paraissent converger vers un même point.

Idéalement, il vaut mieux bien s’installer et regarder au zénith, juste au-dessus de vous. C’est là que l’atmosphère est la moins épaisse et que vous pouvez espérer voir le plus grand nombre de météores.

« 200 étoiles filantes par heure » ? Est-ce bien raisonnable ?

Le taux horaire zénithal donne une indication du nombre de météores dans des conditions optimales

Attention aux titres racoleurs et gare aux déceptions. On peut souvent lire ou entendre, à l’occasion des plus importantes pluies d’étoiles filantes, que les astronomes amateurs peuvent espérer voir plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’étoiles filantes, par heure. Or, il est rare, déjà, de voir plus d’une vingtaine d’étoiles filantes en une heure, même au plus fort des Perséïdes du mois d’août. Ce chiffre est ce qu’on appelle le taux horaire zénithal ou ZHR en anglais. Il s’agit du nombre maximal qu’un observateur pourrait voir s’il se trouvait dans des conditions idéales et si le radiant se situait au zénith, c’est-à-dire, juste au-dessus de cet observateur. Il considère donc que notre observateur idéal se trouve dans un lieu dénué de toute pollution lumineuse, que toute la voûte céleste est dégagée et que notre observateur possède une parfaite acuité visuelle et un champ de vision qui couvre l’ensemble du ciel visible. Par ailleurs, ce chiffre prend aussi en compte des météores à peine, voire pas visibles. Ces conditions ne sont que théoriques. Il vaut mieux, donc, ne pas prendre en compte ce chiffre un peu trompeur et profiter spectacle en se laissant guider par la chance qui, peut-être, vous permettra de voir passer la trace d’un bolide de part et d’autre de la voûte céleste. Un événement suffisant, généralement, pour qu’il vous laisse échapper un “hooo” admiratif.

Perseids_over_the_VLT

Un météore au dessus du Very Large Telescope – VLT au Chili.

© ESA

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