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Artemis : la Lune devra encore attendre

Publié le 06 décembre 2024

À l’occasion d’une conférence de presse du 5 décembre, la NASA a indiqué que le vol habité autour de la Lune Artemis II était repoussé de septembre 2025 à avril 2026 et que l’alunissage avec Artemis III visait désormais la mi-2027.

Artemis : la Lune devra encore attendre

Initié pendant le premier mandat présidentiel de Donald Trump, Artemis ambitionnait alors le retour des Américains sur la Lune pour 2024. Comme c’est fréquemment le cas avec un programme spatial de cette ampleur, les délais se sont accumulés et, début décembre, la NASA a confirmé un nouveau glissement du calendrier.

Artemis II et III changent d’année

Au quartier général de la NASA à Washington, DC, la capitale fédérale, l’annonce mobilisait sur la scène l’administrateur de la NASA Bill Nelson, les administrateurs associés Pamela Melroy et Jim Free, ainsi que le commandant d’Artemis II Reid Wiseman. En tout trois personnes qui sont allées dans l’espace (Nelson, Melroy et Wiseman) sur les quatre présentes.
Les raisons pour ce nouveau report sont multiples (difficulté intrinsèque d’une mission lunaire, état du bouclier d’Artemis I, nécessité de vérifier certains systèmes, etc.), mais peuvent se résumer avec une phrase prononcée par Bill Nelson au début de la conférence du 5 décembre : «Nous ne volons pas tant que nous ne sommes pas prêts». En sa qualité d’astronaute qui décolla avec la mission de navette STS-61C qui se déroula juste avant celle qui fut marquée par la tragédie de Challenger (STS-51L) en 1986, celui qui fut longtemps sénateur de Floride connaît ainsi très bien les risques du métier d’astronaute.

Le bouclier utilisé par la capsule Orion de la mission inhabitée Artemis I fin 2022 a subi des dommages jugés anormaux. Un bouclier de même type étant employé sur Artemis II, la procédure de rentrée dans l’atmosphère a été ajustée.
© NASA

Artemis II en 2026

Le premier vol habité du programme Artemis doit envoyer un équipage de quatre personnes commandé par Reid Wiseman autour de la Lune (pas d’alunissage). La mission devrait durer 10 jours. Au lieu de septembre 2025, Artemis II passe à l’année suivante pour avril 2026. La cause principale réside dans l’état du bouclier de la capsule Orion d’Artemis I qui avait subi au retour dans l’atmosphère des dommages qui n’étaient pas prévus. Artemis II utilise le même type de bouclier. Il a été estimé qu’en modifiant le profil de la rentrée pour obtenir des marges de sécurité supplémentaires, il est possible de conserver ce bouclier. Il faut cependant aussi vérifier le système de support-vie de la capsule.

Artemis III en 2027

Le retour des Américains (l’équipage n’est cependant pas encore connu) sur la Lune se décale aussi d’une année, quittant 2026 pour une échéance un peu plus vague autour de la moitié de l’année 2027. Pour le moment, cette date reste avant celle envisagée par la Chine pour sa mission lunaire habitée. Cela bien sûr si les atterrisseurs lunaires d’Artemis sont prêts en 2027. Orion partant vers la Lune avec le SLS, l’arrivée à surface de notre satellite naturel se fait avec un autre engin que la NASA appelle un HLS (Human Landing System). Ce dernier sera fourni par SpaceX qui travaille sur une version spécifique de son Starship qui en est à son sixième vol d’essai pour sa version de base. Le programme Artemis a sélectionné un second HLS, le Blue Moon de la firme Blue Origin en cours de développement. La NASA compte utiliser alternativement ces deux atterrisseurs.

Le Starship de SpaceX en version lunaire reste l’atterrisseur de référence pour Artemis III.
© SpaceX

Jared Isaacman (ici pendant la mission Polaris Dawn) a été choisi par Donald Trump pour succéder à Bill Nelson (photo en médaillon) en qualité d’administrateur de la NASA.
© Polaris Program et NASA/Bill Ingalls (médaillon)

Jared Isaacman

Le choix de Donald Trump pour la NASA

Au cours de la conférence de presse du 5 décembre, Bill Nelson a expliqué avoir eu une conversation la veille le 4 décembre avec Jared Isaacman. Ce milliardaire de 41 ans qui a commandé et financé deux vols privés à bord de capsules Crew Dragon de SpaceX (Inspiration4 et plus récemment Polaris Dawn) est en effet la personne choisie par Donald Trump pour succéder à Bill Nelson à la tête de la NASA. Le vainqueur de l’élection présidentielle de novembre doit prendre ses fonctions à la Maison-Blanche en janvier prochain. Comme les précédents administrateurs de l’agence américaine, la candidature de Jared Isaacman sera examinée par le Congrès. Or plusieurs médias notent, qu’outre être proche d’Elon Musk, le milliardaire aurait des intérêts dans SpaceX, ce qui met sur la table un éventuel conflit d’intérêts. La firme privée créée par Elon Musk est en effet un fournisseur de référence de la NASA.

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