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Le ciel d’octobre 2024

Publié le 01 octobre 2024

Le ciel automnal d’octobre 2024 nous apporte des rencontres de la Lune avec Vénus, Saturne ou Mars, une comète et la pluie d’étoiles filantes des Draconides.

Le ciel d’octobre 2024

La nuit se rallonge et prend de plus en plus le pas sur le jour. Conséquence heureuse pour les astronomes amateurs ou simples curieux du ciel : le crépuscule astronomique, moment où le ciel est au plus sombre (Soleil à 18° sous l’horizon), survient de plus en plus tôt. Ainsi, le 5 octobre, la voûte céleste offre sa meilleure noirceur dès 21h (heure de votre montre) alors que nous sommes un samedi et que le très fin croissant de Lune ne gênera pas l’observation des objets les plus difficiles (nébuleuses et galaxies par exemple).
Cependant, bien d’autres spectacles sont à regarder en cette période automnale et sans instrument.

Passage à l’heure d’hiver

Attention, dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 octobre, la France passe officiellement à l’heure d’hiver. À 3h du matin le dimanche, il sera 2h.
Notons au passage que cette heure dite d’hiver, parfois critiquée en raison d’une nuit venant trop tôt, est en fait plus proche de la course du Soleil !

Le ciel nocturne d’octobre 2024

Cette carte montre le ciel pour Toulouse le 15 octobre à 22h00 (heure légale, donc celle de votre montre).
Elle est valable en grande partie pour le mois d’octobre sur toute la France métropolitaine, sauf en ce qui concerne la position de la Lune (en bas à gauche).
© Cité de l’espace/Stellarium

Une éclipse annulaire de Soleil

Visible en France… mais pas sur le territoire métropolitain. L’éclipse sera partielle pour la Polynésie française et presque annulaire depuis Saint-Pierre-et-Miquelon.
Ce type d’éclipse surnommé «anneau de feu» s’explique par le fait que la Lune est proche du point le plus loin de nous sur son orbite. Sa taille apparente est alors inférieure à celle du Soleil et l’éclipse totale ne peut pas se produire, même si notre satellite naturel passe pile devant l’astre du jour pour les territoires concernés.
La bande de totalité annulaire de cette éclipse du 2 octobre traverse l’océan Pacifique avant de toucher la pointe de l’Amérique du Sud (Chili et Argentine) puis finir dans l’Atlantique.
Page spéciale du site de l’IMCCE.

Carte de l’éclipse annulaire du 2 octobre (document IMCCE).
© IMCCE

La Lune et Vénus

En octobre, la Lune continue à nous servir de guide pour trouver Vénus, Saturne puis Mars. Commençons par la première, souvent surnommée l’étoile du Berger. Bien évidemment, ce n’est pas une étoile, mais bien la deuxième planète du Système solaire d’une taille quasi équivalente à la Terre.
Comme en septembre, un horizon totalement dégagé s’impose, cette fois-ci au Sud-Ouest le 5 octobre peu après le coucher du Soleil. Très bas, vous chercherez un fin croissant de Lune surmonté de l’éclat brillant de Vénus (magnitude -3).
Petit exercice mental de perspective : si notre voisine céleste n’est qu’à un peu moins de 403 000 km de nous ce soir-là, Vénus exigerait un voyage en ligne droite (ce qu’on ne fait jamais pour une telle destination) de presque 200 millions de kilomètres, soit 496 fois plus.

Juste après le coucher du Soleil le 5 octobre, repérez très près de l’horizon Sud-Ouest la Lune accompagnée au-dessus d’elle de la brillante Vénus.
© Cité de l’espace/Stellarium

Les étoiles filantes des Draconides

Connues du public, les célèbres Perséides ne sont pas la seule pluie d’étoiles filantes. Mais il est vrai que les fraîches nuits d’automne et d’hiver peuvent… refroidir la volonté de patienter afin de voir quelques poussières de comète brûler dans l’atmosphère. Pour les Draconides, il s’agit de 21P/Giacobini-Zinner. Le nom s’explique par la constellation du Dragon qui héberge le radiant, le point dont semble venir les étoiles filantes (un effet de perspective).
Les conseils d’observation restent ceux des Perséides : choisir un endroit épargné par la pollution nocturne et embrasser la voûte céleste de ses yeux, sans oublier d’attendre. Le pic d’activité est estimé pour le 8 octobre et la Lune (croissant à 30 %) aura le bon goût de se coucher vers 22h afin de ne pas gêner. Sachez toutefois que les Draconides peuvent être assez irrégulières, pour ne pas dire peu spectaculaires. Elles se caractérisent par une vitesse d’entrée dans l’atmosphère relativement lente (21 km/s).

Le radiant des Draconides, dans la constellation du Dragon, sera au-dessus du Nord-Ouest le 8 octobre à 22h30. Il n’est cependant pas indispensable de regarder uniquement dans cette direction.
© Cité de l’espace/Stellarium

La comète Tsuchinshan-ATLAS

Découverte conjointement par l’observatoire chinois de la Montagne Pourpre (en chinois, Tsuchinshan) et un des télescopes automatiques du réseau ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) installé en Afrique du Sud, cette comète défraye largement la chronique et a même été envisagée comme pouvant être qualifiée «du siècle». Toutefois, comme nous le rappelons dans cet article, le comportement de ces astres chevelus baladeurs s’impose comme peu prévisible. L’astronome amateur canadien et écrivain David H. Levy a ainsi dit que «Les comètes sont comme les chats. Elles ont une queue et elles font exactement ce qu’elles veulent».
Au tout début d’octobre, C/2023 A3 (Tsuchinshan-ATLAS) peut être aperçue non loin de l’horizon Est peu avant le lever du Soleil. C’est cependant à partir du 11 octobre à l’Ouest et peu après le coucher du Soleil que la comète pourrait s’offrir plus facilement… Notez le conditionnel de rigueur !

À partir du 11 octobre, C/2023 A3 (Tsuchinshan-ATLAS) va «monter» dans le ciel du couchant. Carte calculée pour Toulouse à 20h.

© Cité de l’espace/Stellarium

Un duo Lune-Saturne

Notre satellite naturel et la géante aux anneaux nous offrent à nouveau en octobre un beau duo. Le 14 vers 20h30, la paire sera suffisamment haute dans le ciel, à environ 25° au-dessus de l’horizon Sud-Est, pour être observée aisément. L’éclat légèrement jaunâtre de Saturne surplombera une Lune gibbeuse. Cette dernière sera à 359 000 km de nous tandis que la deuxième plus grande planète du Système solaire trônera à 1,3 milliard de kilomètres de distance.

Le 14 octobre, au Sud-Est et un peu plus d’une heure après le coucher du Soleil, admirez un duo Lune-Saturne.
© Cité de l’espace/Stellarium

Encore une Super Lune !

Le 17 octobre, la pleine Lune sera de type Super Lune. Une de plus pour 2024, en l’occurrence la troisième après celles du 19 août et 18 septembre. La quatrième et dernière de l’année se produira le 15 novembre.
Rappelons (voir cet article complet) qu’une Super Lune est un terme qui qualifie une pleine Lune qui a lieu lorsque notre satellite naturel est au plus près de la Terre sur son orbite, ce qui la rend 14 % plus grande en taille angulaire (sa taille physique ne change pas bien entendu) par rapport au point le plus loin. Bref, cette Lune soi-distant « Super » n’est en rien exceptionnelle. Ce concept issu de l’astrologie a été formalisé mathématiquement par l’astronome américain Fred Espenak qui a travaillé pour la NASA. Sa méthode de calcul se base sur la distance de la Lune par rapport à la Terre au moment de la pleine lune afin de la noter de 0 à 1 fonction du rapprochement. 0 indique une pleine lune à l’apogée, loin de la Terre, et 1 une pleine lune au plus près en fonction du périgée sur une période donnée. Fred Espenak estime qu’une pleine lune mérite l’adjectif super Lune dès 0,9 sur son échelle de 0 à 1. Celle du 17 octobre est ainsi notée 0,996.

Schéma résumant le principe de la Super Lune. Tout repose sur une notion simple, à savoir qu’un objet paraît plus grand s’il est observé de plus près. L’orbite de la Lune n’étant pas un cercle parfait autour de notre planète, sa taille apparente dans le ciel (notamment lors de la pleine lune) varie.

© Cité de l’espace d’après NASA

La Lune montre Mars

Pour clôturer octobre, replongeons dans la logique Moon To Mars du programme Artemis grâce à un rapprochement de la Lune et de la planète rouge, une sorte de bis de la nuit du 24 au 25 septembre.

Cette fois-ci, il s’agit de la voûte nocturne du 23 au 24 octobre. Nous vous proposons de vous tourner vers l’Est à 02h30 du matin. Le duo Lune-Mars sera alors assez haut dans le ciel (environ 25°). Nouvel exercice de perspective avec une voisine céleste à 387 000 km de nous et une planète rouge à 161 millions de kilomètres. Plus tard dans la nuit, Mars «montera» dans le ciel, ce qui améliorera son observation avec une lunette ou un télescope (moins de turbulence atmosphérique). Le duo est de plus visible haut dans le ciel (68°) au Sud avant le lever du Soleil.

Un duo Moon To Mars dans la nuit du 23 au 24 octobre.
© Cité de l’espace/Stellarium

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