C’est quoi une comète ?

Ces boules de neige sales viennent nous rendre visite périodiquement. D’où viennent-elles, de quoi sont-elles composées et que nous a appris la science de ces corps qui auraient pu apporter la vie sur Terre ?

Elles ont été le signe d’heureux ou de mauvais présages. Mais, elles peuvent aussi être un spectacle inoubliable. Les comètes accompagnent le Système solaire depuis sa formation. Souvent surnommés “boules de neige sales”, ces corps célestes sont principalement composés de glace, de poussière et de gaz. La plupart arrivent de la ceinture de Kuiper ou au-delà, du nuage d’Oort. En 2014, la mission Rosetta de l’Agence spatiale européenne a réussi l’exploit de se poser pour la première fois sur une comète, ce qui a permis d’en apprendre plus sur ces astres fascinants. 

La comète de Halley, comme toutes les comètes, est composée d’un noyau de glace et de gaz gelés. À l’approche du Soleil, le coma, l’enveloppe lumineuse qui entoure le noyau, se forme. Puis, plus elle se rapproche de notre étoile, plus une queue de gaz et de poussière se dégage ce qui la rend particulièrement visible.

© NASA/W. Liller – Cité de l’espace

De quoi sont composées les comètes ?

Des vestiges de la formation du Système Solaire

Les comètes sont des petits corps célestes composés essentiellement de glace, de poussière et de gaz gelés. Ces corps primitifs, formés aux confins du Système solaire, conservent depuis des milliards d’années les traces de la nébuleuse protosolaire à partir de laquelle toutes les planètes de notre Système solaire sont nées.

Composition du noyau cométaire

  • La glace : Principalement constituée d’eau, elle contient également des molécules plus volatiles comme le monoxyde de carbone, le dioxyde de carbone, le méthane et l’ammoniac.
  • Les poussières : Constituées de silicates, de composés carbonés et de matériaux réfractaires, elles sont souvent associées à des molécules organiques complexes, comme les acides aminés.
  • Les gaz : Piégés dans la matrice de glace, ces gaz se subliment lorsque la comète s’approche du Soleil, formant la chevelure et les queues caractéristiques.

Lorsque la comète s’approche du Soleil, la sublimation des glaces entraîne la formation d’une chevelure, une enveloppe lumineuse autour du noyau. Les poussières et les ions sont ensuite poussés par le vent solaire, formant respectivement une queue de poussière courbe et une queue ionique rectiligne.

  • Le noyau : C’est le cœur de la comète, la partie solide.
  • La coma : C’est l’enveloppe lumineuse qui entoure le noyau.
  • La queue : C’est la partie la plus visible de la comète, formée de gaz et de poussières. Il existe deux types de queues : la queue de gaz, toujours dirigée à l’opposé du Soleil, et la queue de poussière, légèrement incurvée.

©Les comètes furent souvent interprétées par les civilisations, comme de bons ou de mauvais présages. Le roi Harold, était convaincu que la comète de Halley, ici représentée sur la Tapisserie de Bayeux, lui a porté malheur lors de la bataille d’Hastings contre Guillaume le Conquérant en 1066. «ISTI MIRANT STELLà» signifie « Ceux-ci observent l’étoile ».

© Domaine Public

Le nuage d’Oort, un réservoir de comètes

Enveloppant notre Système solaire, le nuage d’Oort serait composé de milliards de corps céleste glacés

Le nuage d’Oort est une sphère hypothétique, située entre 2 000 et 100 000 unités astronomiques du Soleil. On estime qu’il renfermerait des milliards de comètes. C’est là que se seraient formées les premières comètes, capturées par la gravité du jeune Soleil.

Comment les comètes quittent-elles le nuage d’Oort ?

Les perturbations gravitationnelles peuvent éjecter certaines comètes de leur orbite stable, les envoyant vers le Système Solaire interne. C’est ainsi que nous pouvons observer des comètes à longue période, parfois de plusieurs milliers d’années, dont les orbites sont extrêmement excentriques.

La distance du Soleil à la Terre représente 150 millions de km soit une unité astronomique (UA). Le nuage d’Oort est compris entre 2000 et 100 000 UA.

Les comètes se distinguent par leur composition et leur orbite :

  • Les comètes à courte période : Elles effectuent une révolution autour du Soleil en moins de 200 ans. On pense qu’elles proviennent de la ceinture de Kuiper, une zone située au-delà de l’orbite de Neptune. C’est le cas de la célèbre comte de Halley qui revient nous voir tous les 75 ans.
  • Les comètes à longue période : Leur révolution autour du Soleil peut durer des milliers, voire des millions d’années. On pense qu’elles proviennent du nuage de Oort. C’est le cas de la comète Hale Bopp, souvent considérée comme la “comète du siècle”, qui a illuminé le ciel, même en plein jour en 1997 et pendant 18 mois. Sa révolution autour du Soleil est estimée à plus de 2500 ans.

La comète Tchoury, 67P/Churyumov-Gerasimenko, capturée par Rosetta.

© ESA

Mission Rosetta : l’Europe sur une comète

La mission Rosetta de l’ESA fut une véritable prouesse technologique.

Lancée en 2004, la sonde spatiale Rosetta a atteint la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko (surnommée Tchoury) en 2014. Pour la première fois dans l’histoire de l’exploration spatiale, un engin spatial s’est mis en orbite autour d’une comète et a largué un atterrisseur, Philae, à sa surface. Les scientifiques ont ainsi pu en apprendre davantage sur les origines du Système solaire et sur les processus qui ont conduit à la formation des planètes.

  • Composition de la comète : La comète 67P est composée d’une grande variété de molécules organiques, ce qui suggère que les comètes ont pu apporter l’eau et les éléments constitutifs de la vie sur Terre.
  • Activité de la comète : Les observations de Rosetta ont montré que l’activité de la comète variait en fonction de sa distance au Soleil.
  • Structure de la comète : Les images de haute résolution obtenues par Rosetta ont révélé une structure complexe et hétérogène, avec des falaises, des crevasses et des collines.

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