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La Terre aurait, autrefois, porté des anneaux, comme Saturne

Publié le 19 septembre 2024

L’étude de 21 cratères à travers la planète, tous proches de l’équateur, suggère que la Terre portait des anneaux il y a 466 millions d’années. La conséquence d’une rencontre avec un astéroïde qui se serait fragmenté après avoir frôlé la Terre.

La Terre aurait, autrefois, porté des anneaux, comme Saturne

Imaginez notre planète, la Terre, parée d’un anneau semblable à celui qui entoure Saturne. Cette vision pourrait bien avoir été une réalité, il y a plusieurs centaines de millions d’années. C’est ce que suggère une nouvelle étude. Cet anneau serait apparu à la suite de la rencontre avec un astéroïde et aurait été présent plusieurs dizaines de millions d’années avant que tous ces éléments ne retombent sur Terre. Il aurait provoqué le plus grand refroidissement que la Terre ait jamais connu.

Un anneau de preuves

21 cratères du même âge

C’est une équipe de l’Université de Monash en Australie, dirigée par le planétologue Andy Tomkins qui a mené cette étude. Les scientifiques ont analysé en détail des cratères d’impact très anciens, tous formés il y a environ 466 millions d’années. Au lieu d’être dispersés aléatoirement sur la surface terrestre, ils se sont aperçus que ces cratères se concentrent de manière surprenante près de l’équateur. Selon eux, ces impacts pourraient être les séquelles d’un événement cataclysmique survenu dans le passé lointain. L’hypothèse privilégiée est celle qu’un gros astéroïde aurait frôlé la Terre. Sous l’effet des forces gravitationnelles, il se serait fragmenté en des millions de morceaux. Les débris de cet astéroïde auraient alors formé un anneau autour de notre planète, un peu à l’image des anneaux qui entourent toutes les planètes géantes du Système solaire. Des anneaux composés de glace et de roche. Au fil du temps, ces débris seraient progressivement retombés sur Terre, créant ainsi les cratères que nous observons aujourd’hui.

Uranus, ici saisie par le télescope spatial James Webb avec ses anneaux. Toutes les planètes géantes possèdent des anneaux plus ou moins visibles. Certains planétologues pensent que Mars a aussi possédé des anneaux à un moment de son histoire.

© ESA / NASA

Positions des cratères d’impact de l’Ordovicien sur les positions des plaques . Elles montrent le mouvement des continents et trace des sites d’impact de 467 à 450 millions d’années. 
© Université de Monash

Remonter le temps

Grâce à des modèles informatiques, ils ont remonté l’histoire de notre planète pour trouver où se trouvaient les cratères il y a 466 millions d’années

Quand on dit que ces vingt-et-un cratères sont alignés à proximité de l’équateur, ce n’est pas tout à fait vrai. Du moins plus aujourd’hui. En effet, pour parvenir à cette conclusion, les équipes d’Andy Tomkins ont dû remonter le temps. Dans l’article publié dans Earth and Planetary Science Letters ils détaillent leur méthode. Grâce à des modèles informatiques, ils sont parvenus à simuler le mouvement des plaques tectoniques de la Terre au cours de millions d’années. En retraçant la position des cratères d’impact dans le temps, ils ont pu déterminer si ces impacts étaient plus susceptibles d’être le résultat d’un seul événement catastrophique ou d’une série d’impacts aléatoires. Les résultats de ces simulations ont montré que la concentration des cratères près de l’équateur était bien plus probable si l’on considérait l’hypothèse d’un anneau formé à partir des débris d’un astéroïde. Par ailleurs, ils ont confronté cette théorie avec l’âge de ces cratères. Enfin, ils se sont aperçus que les calcaires datant de cette période dite de l’”Ordovicien moyen”, était fortement enrichie par des débris de météorites et de micrométéorite. Un constat qui renforce leur hypothèse.

Dans l’ombre des anneaux

Le climat aurait été fortement affecté par la présence de ces anneaux, provoquant une longue période de glaciation

L’existence d’un tel anneau aurait eu des conséquences considérables sur le climat et l’évolution de notre planète. En effet, l’ombre projetée par l’anneau aurait réduit la quantité de lumière solaire atteignant la surface terrestre, entraînant un refroidissement global. Ce refroidissement aurait pu contribuer à l’une des périodes glaciaires les plus sévères de l’histoire de la Terre, il y a environ 465 millions d’années. Ce refroidissement aurait eu un impact profond sur la biodiversité marine et terrestre, entraînant des extinctions massives et remodelant ainsi le cours de l’évolution.

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