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Publié le 10 février 2022
Après le succès de VA255 du 23 octobre, le Centre Spatial Guyanais s’occupe de la prochaine mission d’Ariane 5, VA256. Il s’agit de lancer le James Webb Space Telescope (JWST), un observatoire spatial de 10 milliards de dollars.
Le 30 juillet dernier, VA254 marquait le premier vol Ariane 5 de l’année 2021. Construit par ArianeGroup et commercialisé par Arianespace, le lanceur européen a récemment accompli avec succès sa deuxième mission de l’année alors que l’attend un prestigieux passager de 10 milliards de dollars, le JWST.
Le 23 octobre à 22h01 heure locale de Kourou, Ariane 5 a illuminé une fois de plus la jungle guyanaise (vidéo Arianespace ci-dessous). Pour ce vol VA255, il a placé avec succès sur orbite les satellites de télécommunications SES-17 (pour l’opérateur luxembourgeois SES) et Syracuse 4A (communications militaires sécurisées pour la Direction Générale de l’Armement).
Avec cette 111ème mission, Arianespace souligne qu’Ariane 5 bat le record de masse cumulée envoyée sur une orbite de transfert géostationnaire, les 2 satellites représentant 10 tonnes et 264 kg au moment de leur largage. Le lanceur était aussi pour l’occasion équipé d’une coiffe plus haute de 1,5 m, soit une hauteur totale de 56,4 m pour cet Ariane 5.
Désormais, les équipes du Centre Spatial Guyanais, le port spatial de l’Europe, se consacrent au vol suivant, VA256 prévu pour le 18 décembre prochain. Le passager d’Ariane 5 sera le James Webb Space Telescope, le plus grand télescope spatial avec son miroir primaire de 6,5 m de diamètre. Pour cet ambitieux programme scientifique qui réunit de nombreux défis technologiques (dont le miroir de 6,5 m pliable afin qu’il rentre sous la coiffe du lanceur !), la NASA a mobilisé depuis 1997 un budget total de presque 10 milliards de dollars. L’Agence Spatiale Européenne (ESA) et l’Agence Spatiale Canadienne (ASC/CSA) y sont associées et fournissent des instruments de pointe pour cet observatoire qui scrutera l’univers dans l’infrarouge. Au titre de sa participation, l’ESA est aussi chargée de la prestation de lancement, ce qui explique pourquoi la NASA confie le JWST à Ariane 5.
Parti de Californie, le télescope géant est arrivé en bateau dans un container le 12 octobre dernier au CSG après un voyage de 16 jours (vidéo ESA).
Le précieux passager a ensuite été extrait de son container au sein des installations sol du CSG (vidéo NASA/JWST).
En regardant ces images, vous avez peut-être du mal à reconnaître le télescope spatial en mode opérationnel. Ceci s’explique par le fait, qu’en raison de sa taille, le JWST sera placé au sommet d’Ariane 5 en version repliée. Une fois que le lanceur européen lui aura donné l’impulsion pour rejoindre sa zone de travail (le point de Lagrange L2 à 1,5 million de km de la Terre), le télescope entamera une incroyable procédure en vue de déployer sa protection thermique grande comme un court de tennis (afin de le protéger du Soleil) et son miroir de 6,5 m composé de 18 hexagones (vidéo Northrop Grumman).
Pendant plusieurs mois, le JWST sera ensuite pris en charge par des équipes au sol qui surveilleront la mise en route de ses instruments et procéderont à l’ajustement de son optique de pointe (chacun des 18 hexagones est motorisé afin de les orienter très précisément par exemple). Avec ses performances inédites et impossibles à atteindre depuis la surface terrestre, le James Webb Space Telescope promet de révolutionner l’astronomie (premières galaxies, exoplanètes, formation des étoiles, etc.) comme le fit Hubble en son temps.