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Retour sur la Terre – Épisode 6 – La vie, une spécificité terrienne ?

Pour sa quatrième saison, le Podcast Mars la Nouvelle Odyssée de France Info, en partenariat avec la Cité de l’espace, revient sur la Terre. Dans ce sixième et dernier épisode, Olivier Edmond reçoit Nathalie Cabrol, astrobiologiste NASA et directrice du Centre de recherche Carl Sagan à l’Institut SETI. La vie, c’est ce qui notre Terre de toutes les planètes qui l’entourent. Celle que nous cherchons partout ailleurs dans l’Univers à coup de sondes et de télescopes.

La Terre, avec ses océans bleus, ses nuages blancs et ses forêts vertes, est une planète unique en son genre. À ce jour, aucune autre planète ne présente de traces de vie, qu’elle soit simple ou complexe. Cette particularité est due en grande partie à son atmosphère, et à son champ magnétique qui agissent comme un bouclier protecteur contre les conditions hostiles de l’espace. Depuis 30 ans, les scientifiques cherchent à comprendre si la vie est une spécificité terrestre ou si elle pourrait exister ailleurs dans l’univers.

Nathalie Cabrol était à la Cité de l’espace le 8 avril 2024, pour une conférence, en public sur l’astrobiologie.

© Cité de l’espace

Le mystère de la vie

Il n’existe toujours pas de définition universelle de la vie

« On a certainement avancé, on comprend beaucoup mieux les conditions nécessaires à l’apparition de la vie. Mais là où on n’a pas avancé beaucoup, c’est sur une définition de la vie », explique l’astrobiologiste Nathalie Cabrol. Malgré des décennies de recherche et une meilleure compréhension des mécanismes de la vie, sa définition reste insaisissable. « On ne sait toujours pas ce qu’est la vie. On commence à être d’accord sur le fait qu’on n’a pas de définition. On en a un petit peu plus de 120 à l’heure actuelle. Ça dépend de quel côté vous vous placez, quelle est votre perspective ». Ce manque de définition universelle n’empêche cependant pas les scientifiques de poursuivre leurs recherches. Ils s’appuient sur des définitions de travail pour explorer les différentes facettes du vivant et tenter de comprendre son origine et son évolution.

Que cherche-t-on ?

La quête de la vie extraterrestre, en particulier, est intimement liée à cette interrogation fondamentale sur la nature même de la vie. Comment rechercher quelque chose dont on ne peut pas définir précisément les contours ? « Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que l’intelligence ? Qu’est-ce que la conscience ? Ces grandes questions qui nous sont en fait celles qui nous propulsent pour l’exploration de la vie dans l’univers ? On ne sait pas », insiste Nathalie Cabrol. Ces questions fondamentales restent sans réponse, mais elles nourrissent la soif de découverte des scientifiques et les incitent à explorer de nouveaux horizons, à la recherche d’une meilleure compréhension de la vie, ici sur Terre et peut-être ailleurs dans l’univers.

Des mondes inattendus

Les planètes naines sont des candidats intéressants pour découvrir la vie

On cherche la vie sur Mars, sur Vénus, mais aussi sur les lunes glacées des planètes géantes. La mission européenne JUICE et la mission Europa Clipper sont parties en direction d’Europe et Ganymède pour sonder les océans sous leur croûte de glace. Mais d’autres astres sont plus intéressants qu’il n’y parait. Des éléments ont été découverts sur des corps célestes inattendus, comme Cérès, une planète naine située dans la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Cérès possède un océan intérieur résiduel et tous les ingrédients nécessaires à la vie.

Pluton, une planète naine dynamique ?

De même, Pluton, autrefois considérée comme une planète glacée et inactive, s’est révélée être un monde dynamique avec des glaciers, des volcans de glace, un océan primordial et des dépôts de molécules organiques. « On découvre une petite planète active avec des glaciers, avec des cellules de convection, avec des volcans de glace et avec un océan qui est l’océan primordial qui est probablement encore là ». Ces découvertes ont révolutionné la vision des scientifiques sur la possibilité de vie ailleurs dans l’univers. L’exploration des exoplanètes, ces planètes situées en dehors de notre système solaire, notamment avec les télescopes spatiaux comme le James Webb Space Telescope, a également révélé une diversité de mondes inattendus.

Céres, ici vu par la mission Dawn, contre toute attente, est une candidate intéressante pour découvrir de la vie ailleurs que sur Terre.

La vie telle qu’on la connait

Les molécules qui nous composent sont les plus communes de l’Univers

Bien que la vie telle que nous la connaissons soit le seul modèle dont nous disposons, il n’est pas illogique de la rechercher ailleurs. « Nous sommes formés des matériaux les plus communs qui existent dans l’univers. Ce n’est pas par accident, qu’on a une base de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote et cetera. Ce sont des atomes et des molécules qui sont les plus communs dans l’Univers ». Des molécules organiques similaires à celles qui composent la vie terrestre ont été détectées par le télescope James Webb à une distance de 12,5 milliards d’années-lumière, peu après la formation de l’Univers. La recherche de la vie extraterrestre prend plusieurs formes, notamment l’écoute passive de signaux radio SETI et l’envoi de messages dans l’espace METI. L’utilisation de l’intelligence artificielle permet d’analyser les données des télescopes à la recherche de signaux potentiels de civilisations extraterrestres.

Science et science-fiction

Chercher la vie, mais pas forcément des petits hommes verts

Bien que le rêve de rencontrer une vie extraterrestre soit partagé par beaucoup, il est important de distinguer la science de la science-fiction. Les observations d’OVNIs, souvent inexpliquées, suscitent la curiosité des scientifiques, mais ne constituent pas en soi une preuve de l’existence d’extraterrestres. Nathalie Cabrol met en garde contre les théories pseudo-scientifiques qui attribuent des constructions humaines, comme les pyramides d’Égypte, à l’intervention d’extraterrestres. « Si vous vous déplacez d’Alpha Centauri pour venir sur Terre, ce n’est pas pour empiler des cailloux. Et s’ils avaient dû laisser quelque chose dans la technologie, peut-être qu’ils auraient laissé autre chose que des pierres entassées, je suppose, si c’est une technologie avancée ». Pour elle, l’humanité est capable de réalisations extraordinaires et il n’est pas nécessaire de chercher des explications ailleurs.

Vue d’artiste de la surface de l’exoplanète Trappist-1

© NASA / Caltech

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