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Retour sur la Terre – Épisode 4 – Des satellites en orbite

Pour sa quatrième saison, le Podcast Mars la Nouvelle Odyssée de France Info, en partenariat avec la Cité de l’espace, revient sur la Terre. Dans ce quatrième épisode, Olivier Edmond reçoit Lionel Suchet, Directeur général délégué du CNES pour faire un état des lieux de notre utilisation des satellites dans notre quotidien et s’interroger sur le rôle des agences spatiales dans un monde bouleversé par les évolutions technologiques et l’émergence de nouveaux acteurs.

Autrefois réservé à l’exploration scientifique et aux ambitions militaires, l’espace est devenu un élément incontournable de notre quotidien. La prolifération des satellites en orbite terrestre a transformé notre façon de vivre, de communiquer et de percevoir le monde. Les satellites sont aujourd’hui omniprésents dans nos vies modernes. Ce sont notamment les évolutions technologiques et l’émergence de nouveaux acteurs qui ont fait évoluer le secteur. Cela questionne sur la place des agences spatiales nationales et l’enjeu de la souveraineté dans le domaine spatial pour les États. 

Les satellites sont omniprésents dans nos société modernes. Ils peuvent notamment assister les agriculteurs pour savoir quand semer, récolter ou traiter leurs cultures.

© ESA

L’omniprésence des satellites dans nos sociétés modernes

Navigation, télécommunication, finance… beaucoup de nos gestes nécessitent d’utiliser des satellites

Les satellites sont devenus si intégrés à notre vie quotidienne que nous en oublions souvent leur existence. Ils sont pourtant essentiels pour de nombreuses activités, de la navigation GPS à la diffusion de programmes télévisés, en passant par les transactions bancaires sécurisées et la surveillance météorologique. « On ne peut plus imaginer aujourd’hui une société dans laquelle on vit sans satellite », indique Lionel Suchet, directeur général délégué du CNES. L’impact économique du secteur spatial est également considérable. L’accès aux données spatiales et le développement de nouveaux services liés à l’espace créent de nouvelles opportunités économiques et contribuent à la croissance de nombreux secteurs.

Les nouveaux acteurs et l’indispensable régulation

Le spatial n’est plus réservé à la science et à la défense

Pendant longtemps, le domaine spatial était dominé par les agences spatiales nationales, telles que le CNES en France, et par les grandes entreprises de l’industrie aérospatiale. Aujourd’hui, on assiste à une « révolution du spatial » avec l’arrivée de nouveaux acteurs, notamment des entreprises privées, des start-ups et des investisseurs attirés par les opportunités économiques offertes par ce secteur en pleine expansion. « Très longtemps, nos deux jambes, ça a été deux jambes très institutionnelles et les utilisateurs du spatial, c’étaient les chercheurs et puis la défense parce que depuis l’espace, évidemment, il y a des enjeux militaires de plus en plus importants », détaille Lionel Suchet. « Mais récemment, parce qu’on a mesuré de plus en plus de choses depuis l’espace, sur la terre, sur les océans, dans l’atmosphère, on fait des missions qui peuvent servir à l’aménagement du territoire, à la pêche, à l’agriculture… Ça, c’est un changement très profond pour le spatial ». Cependant, cette prolifération d’acteurs et de satellites en orbite pose de nouveaux défis, notamment en matière de régulation. Le risque de collisions entre satellites et la multiplication des débris spatiaux menacent la durabilité des activités spatiales. La France a été l’un des premiers pays à se doter d’une législation spécifique pour encadrer les opérations spatiales et garantir la gestion responsable de la fin de vie des satellites.

Lionel Suchet, Directeur général délégué du CNES était à la Cité de l’espace le 9 juillet 2024 pour le lancement inaugural d’Ariane 6.

© Cité de l’espace

Les Cubesats, des unités de nanosatellites de 10 cm de côté participent à cette révolution technologique.

© ESA

Miniaturisation et nouveaux matériaux

Les satellites plus petits, moins coûteux, participent à la révolution du spatial

La miniaturisation des technologies a permis permet de concevoir des satellites plus petits, plus légers et moins coûteux, ouvrant la voie à de nouvelles applications et à une diversification des acteurs. Les nanosatellites et les CubeSats, de la taille d’une boîte à chaussures, sont devenus populaires pour des missions scientifiques, des démonstrations technologiques et des applications commerciales.

Innover toujours

 

Parallèlement à la miniaturisation, la recherche de nouveaux matériaux plus légers et plus résistants est essentielle pour améliorer les performances des satellites et réduire leur impact environnemental. L’utilisation de matériaux composites, de céramiques et d’alliages avancés permet de concevoir des structures plus légères et plus robustes, tout en réduisant la quantité de carburant nécessaire pour le lancement et les manœuvres orbitales. Les entreprises privées, souvent plus disposées à prendre des risques que les institutions étatiques, jouent un rôle important dans l’exploration de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux. Elles peuvent contribuer à l’accélération de l’innovation dans le domaine spatial.

L’enjeu de la souveraineté

Pouvoir lancer, contrôler et défendre ses satellites est essentiel pour une nation spatiale

La maîtrise de l’accès à l’espace et des technologies spatiales est devenue un enjeu stratégique majeur, tant sur le plan militaire qu’économique. « La maîtrise, c’est d’ailleurs l’autonomie d’accès à l’espace. Déjà pouvoir envoyer des satellites dans l’espace et pouvoir les contrôler, voire les défendre si jamais demain, ils étaient attaqués », indique le Directeur général délégué du CNES, Lionel Suchet. Un pays qui dépend des infrastructures spatiales d’autres nations pour ses communications, sa navigation, sa surveillance ou ses activités économiques se trouve dans une position de vulnérabilité. Cette autonomie repose donc sur la capacité de lancer ses propres satellites. Avec Ariane, la France dispose d’un lanceur national qui lui permet de placer ses satellites en orbite de manière indépendante. La souveraineté, c’est aussi le contrôle des satellites. Là aussi, la France doit être en mesure de recevoir et d’exploiter les données qu’ils collectent. Enfin, face aux risques de cyberattaques, de brouillage et de destruction de satellites, la France doit développer des capacités de protection de ses infrastructures spatiales.

Ariane 6 a effectué son vol inaugural depuis Kourou le 9 juillet 2024.

© ESA

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