• Podcast
  • Séries

Retour sur la Terre – Épisode 1 – Le Vaisseau Terre

Pour sa quatrième saison, le Podcast Mars la Nouvelle Odyssée de France Info, en partenariat avec la Cité de l’espace, revient sur la Terre. Dans ce premier épisode, le Vaisseau Terre, Olivier Emond et Olivier Sanguy font un tour d’horizon des thèmes qui seront abordés dans cette quatrième saison.

Tous les astronautes qui se rendent dans l’espace sont touchés par ce qu’on appelle l’”overview effect”, ou effet de surplomb. En prenant de la hauteur, tous racontent la beauté de la Terre, qu’il n’y a pas de frontière et sont frappés par la fine couche d’atmosphère qui, de l’espace, leur apparait très fragile. « Il y a une espèce de prise de conscience de la beauté de la Terre et de sa fragilité en même temps », explique Olivier Sanguy, responsable de l’actualité spatiale à la Cité de l’espace à Toulouse.

Cette image composite de la Terre et de Mars, issue des orbiteurs Galileo et Mars Global Survey de la NASA, permet de mieux comprendre les tailles relatives des deux planètes.

© NASA

Quels liens entre Mars et la Terre ?

L’étude de Mars permet d’en apprendre beaucoup sur la Terre

La Terre et Mars, ont à peu près le même âge. L’étude de Mars, une planète aujourd’hui inhabitée, nous permet de comprendre la fragilité de notre propre planète. Des projets ambitieux, comme la terraformation de Mars,  Pour rendre Mars habitable, il faudrait notamment produire énormément de gaze à effet de serre. « On ferait sur Mars tout ce qu’on ne veut pas faire sur Terre. Et parfois, ces études, en montrant ce qui faudrait faire sur Mars, montrent surtout ce qui ne faut pas faire sur Terre », indique Olivier Sanguy.

Pourquoi la Terre a-t-elle réuni les bonnes conditions pour la vie ?

Étudier les autres planètes permet de comprendre l’exception de la Terre

 

La Terre se trouve à une distance idéale du Soleil, ni trop chaude ni trop froide, ce qui permet la présence d’eau liquide, essentielle à la vie. Notre planète a également eu la « chance » de posséder un champ magnétique protecteur et de développer un écosystème équilibré. Vénus et Mars, bien que situées dans la zone habitable du Soleil, ne remplissent pas ces conditions. « Comme quoi ce n’est pas le seul critère pour avoir une planète habitée. Il faut aussi une planète vivante avec un champ magnétique, un équilibre, un écosystème », détaille Olivier Sanguy. Quand on recherche la vie ailleurs, on recherche une vie plutôt terrestre fondée sur l’eau liquide. « Mais, beaucoup de scientifiques nous disent “Attention ! On ne recherche pas la vie. On cherche notre vie.” » Et en cherchant la vie ailleurs, ça nous permet aussi de comprendre les limites du vivant de manière générale.

Nord de la mer Adriatique. Les données satellitaires comme celles de Sentinel-2 peuvent être utilisées pour suivre la croissance et la prolifération des algues. © ESA

Partie en avril 2023, la sonde JUICE de l’Agence spatiale européenne va explorer les lunes glacées de Jupiter et en particulier, Ganymède.

© ESA

Rechercher la vie dans et au-delà du Système solaire

Les lunes glacées des planètes géantes sont aujourd’hui des candidates intéressantes pour découvrir la vie ailleurs que sur Terre

 

La recherche de la vie extraterrestre s’étend désormais au-delà de Mars. Les lunes glacées de Jupiter et de Saturne, comme Europe et Ganymède, sont, désormais, considérées comme des candidates prometteuses. Elles possèdent des océans souterrains d’eau liquide, protégés par une couche de glace, et une source d’énergie interne, offrant potentiellement un environnement propice à la vie. Des missions spatiales, telles que Juice et Europa Clipper, exploreront ces lunes pour déterminer leur habitabilité. Au-delà de notre Système solaire, le télescope James Webb scrute l’atmosphère des exoplanètes à la recherche de biomarqueurs, des signes de vie potentielle.

L’apport des satellites au quotidien

Observer la Terre depuis l’orbite est devenu essentiel à l’économie comme à la lutte contre le changement climatique

  Depuis le lancement de Spoutnik en 1957, les satellites ont révolutionné notre quotidien. Ils fournissent des données essentielles pour la météorologie, les télécommunications et l’observation de la Terre. Les programmes d’observation de la Terre, tels que Copernicus pour l’Europe et Landsat aux États-Unis, nous permettent de suivre le changement climatique. « Près des deux tiers des variables climatiques ne peuvent être suivies efficacement que par satellite. Donc ça veut dire que si on arrête, on se prive de deux tiers des données pour comprendre un des plus grands défis de l’humanité ». Mais, aujourd’hui, les satellites sont aussi essentiels pour gérer les ressources naturelles et même soutenir les activités économiques.
Earth_from_Space_Northern_Territory_Australia
Cette image capturée par la mission Copernicus Sentinel-1 révèle l’impact des inondations consécutives aux fortes pluies qui ont frappé le Territoire du Nord de l’Australie en mars 2024. © ESA

Prévue pour 2028, la mission européenne RISE doit permettre de rallonger la vie de satellites géostationnaires.
© ESA

L’encombrement de l’orbite

Réduire le nombre de débris et imaginer des solutions pour prolonger la vie des satellites est un défi pour les agences spatiales et les entreprises privées

L’augmentation exponentielle du nombre de satellites en orbite pose des problèmes de sécurité et de gestion des débris spatiaux. L’absence d’un « code de la route » spatial clair crée des risques de collision entre satellites, nécessitant des manœuvres coûteuses et potentiellement dangereuses. « Il y a un moment, il faudra se mettre d’accord. Ça pourrait aboutir un jour à une collision alors que c’est évitable », assure Olivier Sanguy. La gestion des satellites en fin de vie et des débris spatiaux est un défi majeur. Il va nécessiter des solutions innovantes pour nettoyer l’orbite et assurer la durabilité des activités spatiales.

La Cité de l’espace en ligne

Nos ressources et actualités spatiales