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Galileo s’envole avec SpaceX

Publié le 29 avril 2024

Dans la nuit du 27 au 28 avril un Falcon 9 de SpaceX a lancé deux nouveaux satellites pour la constellation Galileo. C’est la première fois que le système de géolocalisation européen fait appel à la société américaine.

Galileo s’envole avec SpaceX

Souvent surnommé le «GPS européen», Galileo est un service mondial de géolocalisation mis en place par l’Union européenne et qui repose sur une constellation d’une vingtaine de satellites actifs qui émettent un signal permettant à des récepteurs de déterminer leur position sur le globe avec une précision de seulement quelques mètres. Le système est intégré dans une puce qu’on retrouve notamment dans la quasi-totalité des smartphones. Sans que l’on s’en rende compte, le téléphone s’appuie ainsi sur les signaux du GPS américain ou du Galileo européen. La Russie, la Chine et l’Inde développent ou ont déjà développé leur propre système.

Une constellation, ça s’entretient 

Le premier satellite de la constellation Galileo (GIOVE-A, un modèle de test) a été lancé par un Soyouz russe depuis le cosmodrome de Baïkonour en décembre 2005. Le second, également d’essai (GIOVE-B), est parti sur orbite de la même façon. Par la suite les satellites opérationnels ont décollé du Centre Spatial Guyanais (CSG), le port spatial de l’Europe, soit au sommet d’un Soyouz (dans le cadre d’un accord avec la Russie pour exploiter ce lanceur depuis le CSG), soit avec Ariane 5. En tout, 11 vols jusqu’en 2021 qui ont permis d’avoir aujourd’hui une vingtaine de satellites actifs pour un total de 28 envoyés. Ceci, car certains satellites finissent par ne plus fonctionner ou deviennent obsolètes. Il faut donc «entretenir» la constellation (comprenez lancer de nouveaux satellites) afin de garantir qu’il y ait suffisamment de satellites en ordre de marche pour que le service de géolocalisation reste opérationnel.
C’est dans cette logique que deux nouveaux Galileo, les FM 25 et 27, ont été envoyés sur leur orbite de travail à environ 23.000 km dans la nuit du 27 au 28 avril dernier.

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Illustration montrant le lancement des deux nouveaux satellites Galileo FM 25 et 27.
Mis en place par l’Union européenne, le système de géolocalisation Galileo repose sur un segment spatial (les satellites) qui est sous la responsabilité de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).
© ESA/Pierre Carril

Le Tweet de l’EUSPA (European Union Agency for Space Programme) ne précise pas que SpaceX a lancé les satellites Galileo (en haut). La réponse du DLR remercie SpaceX en revanche.
© Cité de l’espace/capture d’écran X (Twitter)

Galileo FM25 et 27 lancés par SpaceX

Il était 20h34 en Floride le 27 avril lorsqu’un Falcon 9 de SpaceX a quitté le pas de tir LC39A du centre spatial Kennedy (pas de tir que la firme américaine loue à la NASA) avec sous sa coiffe FM 25 et 27. Le direct de SpaceX n’a pas couvert l’intégralité du vol et c’est un communiqué de l’EUSPA, l’European Union Agency for Space Programme, qui a annoncé tôt le 28 avril le succès de la mission sur son compte Twitter avec la phrase «28 avril : l’UE [Union européenne] a lancé 2 nouveaux satellites Galileo !». La suite du message indiquait que «les satellites Galileo ont été éjectés de l’étage supérieur du lanceur». Nulle mention de SpaceX ou du lanceur Falcon 9 donc. Très rapidement, le Tweet de l’EUSPA et son communiqué de presse firent l’objet de commentaires étonnés, notamment de la part de journalistes américains spécialisés dans le spatial. Sur SpaceNews, Jeff Foust a ainsi écrit que «les responsables européens ont soigneusement évité de mentionner comment les satellites ont été lancés». L’agence spatiale allemande DLR a cependant posté en réponse au tweet de l’EUSPA : «Grande nouvelle pour l’Europe. Au passage, merci à SpaceX».
La décision de s’appuyer sur SpaceX pour 4 satellites Galileo n’est pourtant pas un secret. Un contrat a été signé d’un montant de 180 millions d’euros pour deux lancements de deux satellites. Un autre devra donc bientôt avoir lieu (pour les satellites FM 26 et 28). C’est bien évidemment le fait que le lanceur européen Ariane 6 ne soit pas disponible qui explique le recours à la firme américaine, l’important étant d’assurer la continuité de Galileo. Le planning des lancements de la constellation européenne prévoit d’ailleurs de s’appuyer plus tard sur Ariane 6 après les deux missions SpaceX.

Le vingtième vol de B1060

Le Falcon 9 employé pour cette mission Galileo du 27 avril utilisait comme premier étage l’exemplaire B1060. Ce booster a volé la première fois le 30 juin 2020 en plaçant sur orbite le satellite d’une autre constellation de géolocalisation, le GPS américain. Il a ensuite participé à 13 vols pour la constellation de connectivité web Starlink de SpaceX, 1 pour un satellite de télécommunication (Türksat 5A), 1 autre pour les satellites de télécommunications Galaxy 33 et 34, 2 de type Transporter (mise sur orbite de nombreux petits satellites), ainsi qu’à l’envoi vers la Lune de l’atterrisseur lunaire Odysseus d’Intuitive Machines.
Avec les FM 25 et 27 de Galileo, B1060 devient le deuxième premier étage d’un Falcon 9 a cumuler 20 réutilisations, le premier ayant été B1062 le 12 avril. En revanche, contrairement à B1062, B1060 partait pour la dernière fois, la performance demandée ne permettant pas un retour.

Le 23 avril, le booster B1078, signait pour son huitième vol le 300ème retour réussi d’un premier étage sur l’ensemble de la flotte Falcon 9 et Falcon Heavy. La société SpaceX a annoncé qu’elle visait désormais 40 réutilisations pour les premiers étages de ses Falcon 9.

b1060-booster

Décollage le 27 avril du lanceur Falcon 9 de SpaceX chargé de placer sur orbite les satellites Galileo FM 25 et 27. Le premier étage B1060 qui accomplissait son vingtième vol n’a pas été récupéré, l’orbite à 23.000 km des satellites ne permettant pas son retour.
En médaillon à gauche, le booster B1060 pris en photo de jour avant son envol nocturne. Il n’était pas équipé des jambes d’atterrissage et des Grid Fins (ailettes en grille) utilisées pour un retour.
© SpaceX

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