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Le ciel de décembre 2024

Publié le 29 novembre 2024

Pour le dernier mois de l’année, le ciel nous offre des rencontres entre la Lune et Vénus, Mars ou Saturne, une opposition de Jupiter et les pluies d’étoiles filantes des Géminides et des Ursides.

Le ciel de décembre 2024

Pour 2024, le solstice d’hiver de l’hémisphère nord aura lieu le 21 décembre, l’année précédente c’était le 22 ! Les subtilités de la mécanique céleste font que ce solstice peut se produire le 20, 21, 22 ou 23 décembre du calendrier grégorien. Au 21ème siècle, il y aura un total de 5 solstices le 20 décembre, 82 le 21 et 13 le 22 (aucun pour le 23, date la plus rare, par exemple une fois au 20ème siècle).

Une fois le solstice passé, même si la nuit restera plus longue que le jour, ce dernier grignotera peu à peu des minutes jusqu’à la parité de durée lors de l’équinoxe de printemps du 20 mars prochain.

Tous les horaires indiqués sur cette page sont ceux de l’heure légale en France métropolitaine (celle de votre montre).

Le ciel nocturne de décembre 2024

Cette carte montre le ciel pour Toulouse le 15 décembre à 21h00 (heure légale, donc celle de votre montre).
Elle est valable en grande partie pour le mois de décembre sur toute la France métropolitaine.
© Cité de l’espace/Stellarium

La Lune et Vénus

Le 5 décembre après le coucher du Soleil, la Lune vous montre la voie vers Vénus… à moins que ce ne soit l’inverse étant donné le fort éclat de cette planète dans le ciel !

Si la phase de notre satellite naturel est évidente, il faut en revanche au moins des jumelles pour voir celle de Vénus. Étant donné qu’elle est plus proche du Soleil que nous, elle connaît en effet des phases.

Le 5 décembre après le coucher du Soleil, tournez-vous vers le Sud-Ouest pour saisir près de l’horizon la Lune et Vénus.
© Cité de l’espace/Stellarium

Jupiter à l’opposition

Le 7 décembre, la plus grande planète du Système solaire est à l’opposition. Cela signifie que le Soleil, la Terre et Jupiter sont alignés dans cet ordre. En d’autres termes, pour notre ciel terrestre, la géante gazeuse se lève alors que notre étoile se couche. Traditionnellement, ceci annonce une période favorable pour son observation avec une lunette ou un télescope, la planète «montant» en hauteur au sein de la voûte nocturne, ce qui diminue l’impact de la turbulence atmosphérique. À 21h, Jupiter sera ainsi déjà 38° au-dessus de l’horizon. Cependant, au cours de la nuit (passé minuit), elle culminera à plus de 65°, des conditions idéales pour tenter de forts grossissements avec une lunette ou un télescope.
Toutefois, de bonnes jumelles vous montreront les 4 lunes dites galiléennes, car découvertes par l’astronome italien Galilée en 1610.

À 21h, repérez sans peine le fort éclat de Jupiter à l’Est. Avec des jumelles, ses 4 lunes principales seront dans la configuration montrée, facilitant leur repérage.
© Cité de l’espace/Stellarium

La Lune et Saturne

Le 8 décembre, on retrouve un duo classique déjà apprécié les mois précédents. Au-dessus de l’horizon Sud, une demi-lune à presque 40° de hauteur vous indique le chemin vers Saturne.
L’occasion de rappeler, à nouveau, qu’avec un télescope, une lunette ou de bonnes jumelles, les anneaux sont visibles. Ces derniers se font toutefois de plus en plus «discrets». Ceci, car en mars 2025, la Terre passera dans le plan des anneaux qui seront vus «par la tranche», ce qui se produit environ tous les 15 ans. Puis, pendant 7 ans, l’angle avec les anneaux deviendra de plus en plus favorable avec un maximum de 27° en 2032.

Le Sud sera dominé par un beau duo Lune-Saturne le 8 décembre.
© Cité de l’espace/Stellarium

Des Géminides contrariées par la Lune

En matière de pluies d’étoiles filantes (des poussières d’astéroïdes ou de comètes qui brûlent dans notre atmosphère en fait), les Perséides d’août s’imposent comme la plus connue. Il y en a beaucoup plus chaque année comme l’explique cet article sur notre site. Les froides nuits de décembre expliquent peut-être pourquoi les Géminides (considérées actives du 2 au 21 décembre) sont bien moins populaires alors qu’il s’agit de l’une des plus «fortes» et régulières pluies d’étoiles filantes selon l’International Meteor Organization. Elles proviennent de poussières semées par l’astéroïde Phaeton (qui pourrait être un noyau de comète «asséché») et, hélas, pour 2024, une Lune presque pleine (96%) viendra contrarier le spectacle du pic prévu autour de la nuit du 13 au 14 décembre.
Le fort éclat de notre voisine céleste «gommera» en effet les étoiles filantes les moins brillantes.

Le radiant des Géminides se situe dans la constellation des Gémeaux. Il n’est cependant pas nécessaire de forcément regarder dans cette direction.
© Cité de l’espace/Stellarium

La Lune et Mars

Notre voisine céleste et la planète rouge formeront un joli duo le 17 décembre au-dessus de l’Est. En fait, la paire se lèvera vers 20h (pour la Lune), mais il est préférable d’attendre encore deux heures afin que que les deux astres se soient élevés au-dessus de l’horizon pour faciliter leur repérage.

Au-dessus de l’horizon Est, la blancheur de la Lune vous guidera vers l’éclat orangé typique de Mars. Ayez une petite pensée pour les rovers qui arpentent cette planète.
© Cité de l’espace/Stellarium

Les modestes Ursides à la rescousse ?

Ainsi nommées, car leur radiant est dans la Petite Ourse, les Ursides sont bien plus modestes avec un ZHR de 10 au lieu de 150 pour les Géminides. Ce Zenithal Hourly Rate (taux horaire zénithal) indique le nombre d’étoiles filantes en théorie visibles pour une pluie donnée dans des conditions d’observation idéales (ciel sombre dénué de pollution lumineuse et radiant au zénith). Bref, vous ne verrez pas 10 étoiles filantes par heure avec les Ursides… Mais en 2024, elles seront un peu plus protégées de la Lune que leurs «consœurs» les Géminides. Actives du 16 au 26 décembre avec un pic annoncé pour les nuits du 21 au 22 ou 22 au 23, elles ne seront gênées par une lune décroissante qu’en seconde partie de nuit. Le poussières qui brûlent dans notre atmosphère sont, pour les Ursides, issues de celles semées par la comète 8P/Tuttle.

Le radiant des Ursides sera au-dessus de l’horizon Sud dans la Petite Ourse à 21h le 21 décembre. Quelques jours avant Noël, le ciel vous fera-t-il le cadeau de quelques étoiles filantes ?
© Cité de l’espace/Stellarium

Les lunes de Jupiter

Nous l’avons signalé plus haut, Jupiter étant à l’opposition, les conditions sont excellentes pour son observation. Si vous disposez au minimum de bonnes jumelles, vous pourrez repérer ses quatre lunes principales, dites galiléennes, soit Io, Europe, Ganymède et Callisto.
Le 29 décembre, à 21h, ces 4 satellites naturels de la géante gazeuse seront dans une configuration plutôt amusante. Elles formeront en effet un quadrilatère à la gauche de Jupiter (dans des jumelles, dans une lunette ou un télescope, la vue peut être inversée selon la configuration optique). En ce moment, les sondes JUICE et Europa Clipper voyagent vers cette destination.
Il est d’ailleurs intéressant de constater d’une nuit à l’autre (et même au fil des heures d’une même nuit) le fascinant ballet de ces lunes. C’est en les voyant tourner autour de Jupiter que Galilée en a déduit que tout ne tournait pas forcément autour de la Terre…

Campée en hauteur au-dessus de l’horizon Sud-Est, Jupiter dans le Taureau domine la constellation d’Orion. À 21h , essayez de voir avec des jumelles le quadrilatère formé par Europe, Callisto, Io et Ganymède.
© Cité de l’espace/Stellarium

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