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Luna : nouveau terrain d’entraînement des astronautes européens

Publié le 10 octobre 2024

Pour préparer les futures missions lunaires dans lesquelles les astronautes européens sont impliqués, l’ESA vient d’inaugurer LUNA. Cet espace de 700 m² simule toutes les caractéristiques de la Lune pour mieux s’y préparer.

Luna : nouveau terrain d’entraînement des astronautes européens

L’Humanité va retourner sur la Lune. À la différence du programme Apollo, le programme Artemis est le fruit d’une coopération internationale. Les Européens, tout comme les Japonais et les Canadiens, collaborent avec la NASA et participeront à cette aventure. Pour s’y préparer, l’Agence spatiale européenne vient d’inaugurer LUNA. Ce hangar installé à Cologne, en Allemagne, à proximité du Centre européen des astronautes de l’ESA reproduit toutes les caractéristiques de la Lune et doit permettre aux européens de mieux se préparer à leurs futures missions.

900 tonnes de poussière qui reproduit les caractéristiques du régolithe lunaire forment le sol du hangar d’entraînement Luna.

©ESA

Un terrain d’entraînement de 700 m²

L’entraînement est essentiel avant toute mission

Lorsqu’ils ont terminé leur formation initiale, qui dure environ un an, les astronautes européens sont affectés à une mission. C’est le cas de Sophie Adenot qui, depuis qu’elle a été sélectionnée pour partir dans la Station spatiale internationale en 2026, s’entraine notamment à Houston. Cette formation spécifique à sa mission dure généralement une année et demie. Pour les missions lunaires, les astronautes, devront, là aussi, s’entraîner pour préparer chacune de leurs expériences, connaître parfaitement le fonctionnement de leur scaphandre et de leurs équipements au sol et en vol. C’est toute l’utilité d’un terrain d’entraînement comme Luna. Il va permettre de préparer les astronautes européens à leurs missions. Ce hangar de 700 m² leur permettra de simuler des missions lunaires, de collaborer avec les équipes au sol et de s’adapter à l’environnement lunaire. Enfin, l’installation permettra de tester des technologies spatiales dans des conditions réalistes, en particulier la robotique, l’intelligence artificielle, l’utilisation des ressources locales et les systèmes de production d’énergie.

La Lune sur Terre

Les équipements simulent le plus fidèlement possible les conditions que les astronautes vont retrouver sur la Lune

Afin de reproduire un environnement lunaire, le hangar Luna est d’abord recouvert de 900 tonnes de poussière. Composée de grains et de roches volcaniques basaltiques, cette poussière imite les propriétés physiques et chimiques du régolithe lunaire. Ce régolithe recouvre une grande partie de la surface de la Lune. De nombreux projets envisagent son utilisation pour assurer l’installation durable des astronautes sur la Lune. C’est aussi un inconvénient majeur à prendre en compte avant toute exploration lunaire. Très fin et coupant, les membres des équipages d’Apollo ont s’apercevoir qu’il s’immisce partout. À la Cité de l’espace, dans l’exposition Lune : Épisode II, une vitrine présente un échantillon de cette poussière lunaire reproduite par l’Agence spatiale européenne. 

La zone profonde

Pour comprendre la structure interne de la Lune, les astronautes seront amenés à effectuer des forages en profondeur. Une zone spécifique est pensée pour se préparer à ces missions. Elle permet de prélever des échantillons jusqu’à trois mètres de profondeur sous la surface du simulateur de régolithe. Enfin, un système d’éclairage spécialisé reproduit les cycles jour et nuit sur la Lune, et simule les conditions d’ensoleillement et d’ombre variables rencontrées sur la surface lunaire. Il peut notamment reproduire les conditions d’éclairage difficiles du Pôle sud, visées par les missions du programme Artemis.

Dans une vitrine de l’exposition Lune : Épisode 2, à la Cité de l’espace, les visiteurs peuvent voir à quoi ressemble le régolithe.

© CIté de l’espace 

© Lors de l’inauguration de cet espace de 700 m², Thomas Pesquet et Matthias Maurer, tous deux membres de la promotion 2009 des astronautes de l’ESA, ont effectué leur premier entraînement. C’est leur génération qui peut espérer réaliser les premières missions vers la Lune embarquant des européens.

©ESA

Des européens bientôt sur la Lune ?

Trois européens vont tourner autour de la Lune et après ?

Contrairement au programme Apollo, 100% américain, le programme Artemis est international. La JAXA, l’agence spatiale japonaise, y participe. La Nasa a annoncé en avril 2024 que le premier non-américain à marcher sur la Lune dans le cadre du programme Artemis serait japonais. Dans le cadre des accords avec l’agence spatiale canadienne, l’astronaute Jeremy Hansen fait partie de l’équipage de la mission Artemis II et sera le premier non américain à tourner autour de la Lune. L’ESA, elle aussi, fait partie de ce programme. Elle conçoit le module de service de la capsule Orion. À ce titre, l’Europe a décroché trois places pour des européens autour de la Lune. Ils devraient se rendre à bord de la future station lunaire Gateway qui sera prochainement placée en orbite autour de la Lune. C’est la promotion 2009, celle de Thomas Pesquet qui est pressentie pour effectuer ces missions. Pour espérer qu’un européen foule le sol lunaire, l’Agence spatiale devra poursuivre sa participation au programme. Cette participation pourrait prendre la forme de cargos de ravitaillements, de nouveaux modules pour la station Gateway ou encore de véhicules ou d’habitats lunaires, par exemple. À la Cité de l’espace, l’expérience immersive, LuneXplorer permet de comprendre les enjeux de ce retour sur la Lune et de vivre et ressentir un décollage et un alunissage.

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