• Système solaire

Le Soleil à son maximum

Publié le 18 octobre 2024

Le Soleil connait des cycles d’activité de 11 ans. La NASA vient d’annoncer qu’il avait atteint le maximum solaire du cycle actuel. Le 25ᵉ depuis qu’on le surveille. Mais ça ne signifie pas encore la fin des fortes éruptions solaires et des aurores polaires.

Le Soleil à son maximum

Il est au plus haut. Lors d’une conférence de presse, le 15 octobre, des représentants de la NASA, de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et du Solar Cycle Prediction Panel international ont annoncé que le Soleil avait atteint sa période de maximum solaire. Cela ne signifie pas, pour autant, que le pic d’activité est atteint. Cette période de forte activité solaire pourrait se poursuivre une bonne partie de l’année prochaine et continuer à produire, on l’espère, des aurores polaires.

 

A gauche, le Soleil à son minimum en décembre 2019 par rapport au maximum solaire, à droite, en mai 2024. En bas, images en lumière ultraviolette qui révèle les régions actives du Soleil qui sont plus courantes pendant le maximum solaire. En haut, en lumière visible, on aperçoit les taches solaires, plus nombreuses.

© NASA, NOAA

Qu’est-ce qu’un cycle solaire ?

Tous les onze ans, le Soleil connait un pic d’activité lié à l’inversion de ses pôles magnétiques

Le cycle solaire est un cycle naturel que traverse le Soleil lorsqu’il passe d’une activité magnétique faible à une activité magnétique élevée. Environ tous les 11 ans, au plus fort du cycle solaire, les pôles magnétiques du Soleil s’inversent. Le Soleil passe alors d’un état calme à un état actif et éruptif. « Pendant le maximum solaire, le nombre de taches solaires, et par conséquent, la quantité d’activité solaire, augmente », explique Jamie Favors, directeur du programme de météorologie spatiale au siège de la NASA à Washington. « Cette augmentation de l’activité offre une occasion passionnante d’en apprendre davantage sur notre étoile la plus proche, mais elle a également des effets réels sur la Terre et dans tout notre système solaire. » 

Un danger à ne pas négliger

L’activité solaire influence fortement les conditions dans l’espace, ce que l’on appelle la météorologie spatiale. Les éruptions de matière peuvent engendrer des tempêtes magnétiques. Cela peut affecter les satellites et les astronautes dans l’espace, ainsi que les systèmes de communication – tels que la radio et le GPS – et les réseaux électriques sur Terre.

Le maximum solaire va encore durer un an

Ce n’est qu’a posteriori qu’on pourra déterminer où se situe le pic d’activité dans cette période de maximum solaire

Si le maximum solaire est atteint, cela ne signifie pas, pour autant, qu’il s’agit du pic d’activité que nous verrons au cours de 25ᵉ cycle solaire. En effet, comme l’indique Elsayed Talaat, directeur des opérations de météorologie spatiale à la NOAA. « Alors que le Soleil a atteint la période de maximum solaire, le mois où l’activité solaire atteint son apogée sur le Soleil ne sera identifié que dans des mois ou des années. » Il ne sera identifiable qu’après avoir constaté un déclin constant de l’activité solaire après ce pic. Cependant, les scientifiques ont observé un nombre constamment élevé de taches solaires au cours des deux dernières années. Ils prévoient, donc, que la phase maximale durera encore environ un an avant que le Soleil n’entre dans la phase de déclin, qui ramène au minimum solaire. D’autres tempêtes solaires sont possibles durant cette période et pourraient se traduire, à nouveau, par des aurores polaires observables à nos latitudes. En mai dernier, une série de grandes éruptions solaires et d’éjections de masse coronale (CME) a projeté des nuages de particules chargées et de champs magnétiques vers la Terre, créant la plus forte tempête géomagnétique sur Terre en deux décennies. D’autres tempêtes magnétiques ont offert un magnifique spectacle en septembre dans le nord de la France et mi-octobre sur la quasi-totalité du territoire.

Le 3 octobre 2024, le Soleil a émis une forte éruption solaire. À cette date, cette éruption solaire est la plus importante du cycle solaire 25.

© NASA

Les missions qui étudient l’héliophysique en juillet 2024. En vert, les missions en cours, en bleu les missions en cours d’exploitation et en jaune les missions futures.

© NASA

Des missions pour étudier le Soleil

Des nombreuses missions sont prévues pour mieux comprendre l’activité du Soleil

Prévoir la météo spatiale est indispensable pour éviter un grand black-out des satellites en orbite lors de ces périodes de forte activité solaire. Ces événements peuvent aussi avoir de graves conséquences sur les réseaux électriques, comme au Québec en 1989. Pour cela, plusieurs missions ont été lancées en direction de notre étoile. On peut notamment citer la mission européenne Solar Orbiter. Le 6 novembre, Parker Solar Probe effectuera un survol de Venus pour se rapprocher du Soleil. Quelques semaines plus tard, le 24 décembre, elle deviendra, ainsi, la sonde la plus rapide jamais lancée. Elle atteindra la vitesse de 192 km/s, soit 691 000 km/h. C’est 24 fois plus rapide que la Station spatiale internationale. Elle devrait ainsi permettre d’étudier notre étoile au plus près. Comme elle, une douzaine de missions, sont en cours de développement, pour s’intéresser au Soleil ou au vent solaire.

Articles sur le même thème

La Cité de l’espace en ligne

Nos ressources et actualités spatiales