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219 nouvelles exoplanètes pour Kepler

Publié le 23 juin 2017

En analysant les données du télescope spatial de la NASA Kepler, les astronomes ont découvert 219 nouvelles exoplanètes potentielles, dont 10 d’une taille semblable à la Terre et en zone habitable de leur étoile.

219 nouvelles exoplanètes pour Kepler

Lancé le 7 mars 2009, le télescope spatial Kepler a observé pendant 4 ans le même coin de ciel dans la constellation du Cygne. Le but de cette mission ? Débusquer des exoplanètes, c’est-à-dire des mondes qui tournent autour d’autres soleils que le nôtre.

Les exoplanètes par milliers de Kepler

L’engin de la NASA a répertorié sur 4 ans les variations de luminosité d’environ 100 000 à 200 000 étoiles. Or, certaines des baisses d’éclat de ces astres peuvent être le résultat d’une exoplanète passant devant comme le montre l’animation vidéo ci-dessous.

Le problème est que la luminosité d’une étoile peut varier pour bien d’autres raisons, notamment la «vie» interne de l’astre. Avec Kepler, les astronomes sont donc confrontés à une énorme masse de données qu’il faut trier et interpréter. C’est pourquoi la NASA a annoncé en plusieurs étapes les mondes ainsi découverts. Les 219 exoplanètes présentées par l’agence américaine le 19 juin dernier font partie de la huitième publication de ce type. Environ une dizaine de ces mondes ont une taille comparable à la Terre et sont en zone habitable de leur étoile, ce qui signifie que l’eau liquide peut exister en surface si d’autres critères sont réunis comme la présence d’une atmosphère. Attention toutefois, il s’agit de candidats planétaires et ces mondes devront être validés avec d’autres télescopes et éventuellement d’autres méthodes de détection comme la vitesse radiale (où on mesure la perturbation que l’exoplanète induit à l’étoile autour de laquelle elle tourne).
En tout, les données de Kepler recensent 4034 candidats planétaires dont un peu plus de la moitié, 2335, ont été confirmés. Et sur ces 2335, 50 sont de taille comparable à notre monde et en zone habitable. On constate que la moisson de Kepler est des plus vastes et qu’à elle seule elle totalise plus de la moitié des exoplanètes aujourd’hui vérifiées (3497 au total selon la NASA et 3610 selon une équipe européenne, la différence s’expliquant par une nuance dans les critères d’acceptation).
On notera que depuis 2014, et en raison d’une défaillance de ses gyroscopes, Kepler ne peut plus observer avec la stabilité requise «son coin de ciel» dans la constellation du Cygne. Désormais, il scrute les unes après les autres plusieurs zones. En dépit d’une perte de précision, cette phase de la mission appelée K2 (pour Kepler 2) a déjà amené 520 candidats exoplanétaires dont 148 confirmés.

Ce schéma de la NASA montre les deux phases de mission de Kepler. Après son lancement en 2009 et jusqu’en mai 2013, le télescope spatial a scruté le même coin de ciel dans la constellation du Cygne. Les données récoltées se traduisent aujourd’hui en 2335 exoplanètes confirmées. Depuis mai 2014, Kepler observe successivement plusieurs endroits dans le ciel le long de l’écliptique (plan orbital de la Terre projeté sur la voûte céleste). Cette nouvelle phase offre déjà 148 exoplanètes validées. Crédit : NASA/Ames Research Center/Wendy Stenzel

Ce schéma de la NASA montre les deux phases de mission de Kepler. Après son lancement en 2009 et jusqu’en mai 2013, le télescope spatial a scruté le même coin de ciel dans la constellation du Cygne. Les données récoltées se traduisent aujourd’hui en 2335 exoplanètes confirmées. Depuis mai 2014, Kepler observe successivement plusieurs endroits dans le ciel le long de l’écliptique (plan orbital de la Terre projeté sur la voûte céleste). Cette nouvelle phase offre déjà 148 exoplanètes validées.
Crédit : NASA/Ames Research Center/Wendy Stenzel

La variété des mondes découverts (géantes gazeuses, certaines très proches de leur étoile, planètes dans des systèmes stellaires doubles, etc.) commence à donner aux astronomes un aperçu de ce qui nous entoure et concerne aussi la question de la vie ailleurs. Même si elles ne sont pas en majorité, le nombre d’exoplanètes de taille similaire à la Terre et situées en zone dite habitable semble montrer que notre planète ne serait pas une exception unique. Toutefois, taille et position sont loin de suffire et beaucoup d’autres critères sont indispensables (stabilité orbitale, une étoile qui ne soit pas trop active, atmosphère, etc.). La prochaine étape pourrait être franchie avec la nouvelle génération d’observatoires, que ce soit au sol avec l’E-ELT européen au Chili de 40 m de diamètre en construction ou dans l’espace avec le JWST qui associe la NASA, l’Agence Spatiale Européenne et l’Agence Spatiale Canadienne (lancement avec Ariane 5 prévu en 2018 après pas mal de retard). De tels instruments devraient être capables de détecter et caractériser la composition des atmosphères de certaines exoplanètes. Si la composition s’approche alors de ce que nous savons favorable à la chimie de la vie (oxygène, CO2, traces de méthane, etc.), l’hypothèse du vivant en dehors de la Terre et même en dehors de notre Système solaire gagnera encore des points.

Ci-dessous, enregistrement de la conférence de presse NASA au cours de laquelle furent annoncées les 219 nouvelles exoplanètes le 19 juin.

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