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Publié le 15 janvier 2019
La sonde chinoise Chang’E-4 a réalisé un impressionnant panoramique dévoilant le paysage de la face cachée de la Lune.
Le 3 janvier, la Chine a signé une incontestable première spatiale : un atterrissage sur la face cachée de la Lune. Celle-ci est connue depuis les débuts de l’ère spatiale grâce aux sondes qui l’ont survolée en tournant autour de notre satellite naturel (le première fut soviétique). Les astronautes d’Apollo l’ont vue de leur yeux depuis l’orbite. Mais aucun engin, robotique ou habité, ne s’était posé à la surface de la face cachée avant ce 3 janvier 2019.
Sur la face cachée, la Terre n’est jamais visible et donc le contact radio est impossible, à moins de disposer d’un satellite qui fait office de relais. C’est exactement ce qu’ont fait les Chinois en lançant quelque mois avant Chang’E-4 le satellite Qequiao. Les images et vidéos ci-dessous sont ainsi toutes passées par celui-ci.
Commençons par cet impressionnant panorama à 360°. On remarque que, par rapport aux premières photos publiées par l’agence spatiale chinoise CNSA, la couleur du sol lunaire a désormais son habituelle teinte grise. La dominante orange des clichés précédents vient du fait que les images n’avaient pas été calibrées pour être plus proches des couleurs telles que les verrait un être humain sur place.

Panorama de la face cachée depuis le cratère von Kármán où s’est posé Chang’E-4. Il a été acquis par une caméra de l’atterrisseur (cliquez pour agrandir).
Crédit : CNSA
L’atterrisseur et le petit rover de 150 kg Yutu-2 se sont aussi mutuellement pris en photo.
La Planetary Society, organisme américain à but non-lucratif en faveur de l’exploration planétaire, a mis en ligne sur YouTube des vidéos de la CNSA de cette mission.
Ci-dessous, l’atterrissage de Chang’E-4 filmé par une caméra de bord.
Ici, le déploiement de Yutu-2 à la surface de la face cachée.
Et enfin, quelques tours de roues du rover chinois.
Chang’E-4 permet à la Chine de tester encore plus sa technologie d’exploration robotique dans la perspective de futures missions, comme un retour d’échantillons lunaires (vers la fin 2019 si c’est possible). C’est également l’occasion pour le régime de Pékin de montrer une fois de plus qu’il est ouvert à la coopération scientifique internationale : Chang’E-4 emporte en effet 2 instruments conçus en Allemagne et en Suède.
Enfin, cette réussite n’est pas sans retentissement symbolique puisque 2019 est l’année du cinquantenaire des premiers pas sur la Lune avec Apollo 11. Le tout s’inscrit dans une période où les projets en direction de notre satellite naturel se multiplient (volonté de l’Inde, initiatives privées, le concept Moon Village de l’Agence Spatiale Européenne ou encore la proposition de station autour de la Lune de la NASA). D’ailleurs pour cette année, la Cité de l’espace de Toulouse vous invitera à vivre L’année Lune !