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Artemis 1 : une répétition modifiée

Publié le 25 avril 2022

Le lanceur géant SLS de la mission Artemis 1 (vol autour de la Lune en automatique) suit une répétition de son compte à rebours. Après 2 essais interrompus, la NASA va mener une troisième répétition partielle qui doit se conclure le 14 avril.

Artemis 1 : une répétition modifiée

Haut de 98 m (dans sa version Block 1 actuelle), le Space Launch System (système de lancement spatial dit aussi SLS) est le lanceur lourd de la NASA pour son programme de retour vers et sur la Lune Artemis. Pour son vol inaugural appelé Artemis 1, il doit envoyer vers notre satelite naturel une capsule Orion et son module de service fourni par l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Il s’agit de tester ce vaisseau en automatique (aucun astronaute ne sera à bord) avant de faire la même mission (tourner autour de la Lune et revenir sur Terre) avec un équipage en 2024. Ce sera Artemis 2.

Une répétition qui ne sera pas complète

Mais avant d’en arriver là, le SLS doit bien évidemment réussir son vol inaugural Artemis 1. Petit rappel : vous pouvez envoyer vos prénom et nom à bord de cette mission !
Le 17 mars dernier, le lanceur lunaire était pour la première fois sorti complètement assemblé en version Block 1 du gigantesque hangar VAB (Vehicle Assembly Building) du centre spatial Kennedy de la NASA en Floride afin de rejoindre le pas de tir LC-39B. Début avril, les équipes techniques ont procédé à une première répétition du compte à rebours. On appelle cette procédure une Wet Dress Rehearsal (WDR) où le mot «Wet» (mouillé en anglais) est une référence au fait que les réservoirs seront remplis d’oxygène et d’hydrogène liquides.

Le SLS sur son pas de tir LC-39B en Floride. Crédit : NASA

Le SLS sur son pas de tir LC-39B en Floride.
Crédit : NASA

La première répétition qui commença le 1er avril fut interrompue en raison d’un problème sur la tour de lancement mobile, la structure de service qui accompagne le SLS et sert, entre autres, à y accéder et à remplir les réservoirs avec des bras ombilicaux. Une deuxième répétition fut également arrêtée prématurément à cause d’une valve de l’étage supérieur du SLS, l’ICPS (Interim Cryogenic Propulsion Stage) doté d’un propulseur RL-10. Il apparaît que ce souci ne pourra être résolu qu’en changeant celle-ci.

La capsule Orion et son module de service européen de l’ESA (construit par Airbus) sous coiffe au sommet du SLS, juste au-dessus de l’étage supérieur ICPS. Crédit : NASA/Ben Smegelsky

La capsule Orion et son module de service européen de l’ESA (construit par Airbus) sous coiffe au sommet du SLS, juste au-dessus de l’étage supérieur ICPS.
Crédit : NASA/Ben Smegelsky

La NASA a donc décidé de procéder à une troisième Wet Dress Rehearsal, mais sans complètement remplir en oxygène et hydrogène liquides l’ICPS. En revanche les réservoirs (oxygène et hydrogène liquides aussi) de l’étage principal qui alimentent les 4 propulseurs RS-25 (autrefois utilisés sur les navettes spatiales) seront complètement remplis. L’agence américaine estime que cette répétition incomplète permettra de récolter suffisamment de données sur le comportement du SLS lors d’un compte à rebours.

À suivre sur NASA TV

Cette troisième répétition s’arrêtera 10 secondes avant le décollage, soit juste avant ce qui aurait été la mise à feu des 4 moteurs RS-25 de l’étage principal. L’essai doit se conclure le 14 avril et il est possible de le suivre dans la fenêtre vidéo ci-dessous.

https://youtu.be/TTJnTdAfG7g

À l’issue de cette répétition, le SLS retournera dans le hangar VAB avec sa tour de lancement, comme cela était d’ailleurs prévu. La valve défectueuse de son étage supérieur ICPS sera changée. Le temps nécessaire pour cette procédure pourrait bien empêcher un décollage d’Artemis 1 au cours de la fenêtre de tir allant du 6 au 16 juin prochains. Cette fenêtre de tir dépend essentiellement des positions respectives de la Terre et de la Lune. Les autres créneaux envisagés vont du 29 juin au 17 juillet puis du 26 juillet au 9 août. Repousser l’envol à l’automne, si besoin, ne semble poser aucun problème technique.
Le contexte de ce retour vers la Lune est l’objet de l’exposition Lune – Episode II de la Cité de l’espace de Toulouse.

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