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Starliner : la capsule de Boeing qui espère concurrencer SpaceX

Publié le 01 juin 2024

Après plusieurs reports, le décollage de la capsule Starliner de Boeing pour l’ISS vise le début du mois de juin. Boeing mise sur cette nouvelle capsule pour concurrencer SpaceX. Si elle est qualifiée, elle pourrait permettre à Sophie Adenot de rejoindre la Station spatiale internationale en 2026.

Starliner : la capsule de Boeing qui espère concurrencer SpaceX

Avec quatre ans de retard sur le calendrier prévu, la capsule CST-100 Starliner de Boeing devait décoller ce samedi 1ᵉʳ juin, avec à son bord, deux astronautes de la NASA : Butch Wilmore et Sunita Williams. Tous deux sont expérimentés et ont déjà volé sur navette américaine et sur Soyouz. Après un lancement a reporté, en raison d’un problème technique sur l’étage supérieur Centaur du lanceur Atlas V d’United Launch Alliance, d‘autres reports se sont ajoutés.

Ce vol est une étape très importante pour l’avionneur américain qui espère devenir une alternative à SpaceX pour assurer les vols habités réguliers entre la Terre et la Station spatiale internationale. Une concurrence que la NASA voit aussi d’un bon œil alors qu’elle dépend aujourd’hui soit de la firme d’Elon Musk, soit des Russes pour accéder à l’ISS. Si cette capsule est qualifiée pour les vols habités, elle est envisagée pour permettre à l’astronaute française Sophie Adenot de rejoindre l’ISS au printemps 2026.

 

Mise à jour du 5 juin

Succès du décollage du Starliner : notre article complet

Captures d’écran NASA TV montrant la passerelle d’accès revenant vers la capsule Starliner après l’arrêt du compte à rebours du 1er juin (en haut). Celle-ci permet aux astronautes Sunita Williams (au fond) et Butch Wilmore de sortir du vaisseau avec l’assistance des équipes au sol (en bas).

Mises à jour du 1er et 3 juin

Après plusieurs reports, la NASA, Boeing et United Launch Alliance visaient la date du 1er juin pour le décollage du premier vol habité du Starliner.
En Floride, la météo affichait 90% de conditions favorables alors que les astronautes Sunita Williams et Butch Wilmore s’installaient à bord de la capsule de Boeing.

Quelques imprévus techniques surgirent et furent réglés pendant le compte à rebours (vannes d’oxygène et d’hydrogène liquides sur l’étage supérieur Centaur du lanceur Atlas V, ainsi qu’un problème de ventilation pour la combinaison des astronautes). Toutefois, 3 minutes et 50 secondes avant le décollage le ground launch sequencer, le logiciel qui supervise automatiquement les nombreux paramètres qui doivent être au vert, a interrompu la chronologie.
Le lancement du 1er juin a alors été annulé.

La NASA avait précédemment indiqué d’autres possibilités de départ pour les 2, 5 et 6 juin. Afin de bien analyser les causes du report du 1er juin, l’agence américaine avait indiqué renoncer au créneau du 2 juin et se préparer pour celui du 5 ou du 6 juin.
Dans un communiqué du 2 juin, la NASA précise que le décollage du Starliner est prévu pour le 5 juin à 10h52 heure de Floride soit 16h52 heure de Paris.

Une nouvelle capsule pour l’ISS

Cette nouvelle capsule habitable doit permettre d’emmener jusqu’à 7 astronautes en orbite

C’est parce qu’il fallait une nouvelle capsule pour remplacer la navette américaine, retirée en 2011, qu’est né le projet de la capsule Starliner. Initialement, dans le cadre du programme lunaire Constellation (abandonné, depuis, par l’administration de Barack Obama), la capsule Orion devait servir, à la fois, pour la Lune et pour l’ISS. Or cette décision était à la fois coûteuse et plus lente à développer. Dans le cadre du programme Commercial Crew Development lancé par la NASA, deux entreprises privées sont retenues en 2014 pour assurer l’autonomie américaine d’accès à la Station spatiale internationale. D’un côté, SpaceX, avec sa capsule Crew Dragon lancée par une fusée Flacon 9, dont le premier vol habité a eu lieu en mai 2020. De l’autre, Boeing, et sa capsule CST-100 Starliner lancée par une fusée Atlas V.

Un enjeu de souveraineté

Pouvoir disposer d’un nouvel accès à la Station spatiale internationale est un enjeu de souveraineté pour la NASA alors qu’elle dépend aujourd’hui de SpaceX et de la Russie dont le partenariat pourrait s’interrompre avec la fin prochaine de l’ISS et des tensions internationales liées à la guerre en Ukraine. Cette nouvelle capsule lui permettrait de disposer de deux moyens d’accès à l’orbite depuis son sol.

capsule Starliner

Un premier vol sans équipage a eu lieu en mai 2022.

© NASA

C’est la fusée Atlas V d’ULA qui doit servir de lanceur à la capsule CST-100 Starliner.

© NASA

De faux airs d’Orion

La capsule de Boeing ressemble beaucoup au vaisseau qui doit servir à rejoindre l’orbite lunaire dans le cadre du programme Artemis

La CST-100 Starliner a les mêmes dimensions que le vaisseau Orion développé par Lokheed Martin, mais dispose de davantage d’espace intérieur puisqu’elle n’est destiné qu’à rejoindre l’orbite terrestre. Le vaisseau peut ainsi transporter quatre astronautes, mais peut être configuré pour transporter jusqu’à sept astronautes. Il est, par ailleurs, conçu pour être réutilisé dix fois. Comme le Dragon de SpaceX, il doit s’amarrer par le haut à la Station spatiale internationale. D’ailleurs, le 2 mai, l’équipage du Crew 8 a rejoint sa capsule Dragon. Pendant 49 minutes, ils ont manœuvré pour changer de port d’amarrage et libérer celui du module Harmony pour la capsule CST-100 Starliner.

Qualifier la capsule avant le premier vol commercial

L’objectif de ce vol est de tester l’interface de la capsule. Il faut aussi que les astronautes puissent prendre les commandes du vaisseau en cas de besoin. Ces commandes manuelles seront aussi testées à l’occasion de vol de qualification. Si ce vol test était concluant, Boeing pourrait espérer lancer le premier vol certifié Starliner-1 début 2025. Ce lancement intervient deux ans après un premier vol inhabité. La capsule s’était alors amarrée avec succès à l’ISS avant de revenir sur Terre.

Qui rejoint l’ISS en CST-100 Starliner ?

Deux astronautes chevronnés de la NASA seront à bord de la capsule pour ce premier vol

  • Butch Wilmore sera le commandant de cette mission. Il a fait partie de l’équipage de la navette Atlantis en 2009 pour le STS-129. Il a par ailleurs effectué un second vol en Soyouz en 2014 avec deux cosmonautes russes. Il totalise 178 jours dans l’espace.
  • Sunita Williams sera la pilote de cette mission. Elle a également participé à une mission en navette américaine, le STS-116 sur Discovery en 2006. En 2012, elle a volé à bord de la capsule Soyouz pour rejoindre la Station spatiale internationale. Elle totalise 321 jours dans l’espace.
équipage Starliner

Sunita Williams, deux vols dans l’ISS et 321 jours dans l’espace sera pilote de la capsule. Butch Wilmore, deux vols dans l’ISS et 178 jours dans l’espace, sera le commandant de cette mission.

© NASA

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