• Séries

Une bombe sur la Lune ?

Les petites histoires de l'espace : Elle a toujours fasciné l’Homme. La Lune cultive des airs de mystère où cratères, mers et face cachée sont autant d’énigmes à résoudre. Enjeu politique autant que scientifique, elle faillit bien devenir… atomique

Nous sommes le 4 octobre 1957. La Guerre Froide bat son plein entre les États-Unis et l’Union Soviétique. Chaque bloc cherche le meilleur moyen pour impressionner l’autre et imposer sa vision du monde. À ce jeu d’egos, tous les coups sont permis. Jusqu’aux plus rocambolesques scenarii permettant d’affirmer sa suprématie technologique face au bloc adverse. Ce 4 octobre donc, Spoutnik 1 défraye la chronique dans le monde entier. Les Russes viennent de lancer le premier satellite artificiel en orbite autour de la Terre. Sa signature ? Un bip-bip devenu célèbre. Et le début de la peur chez les citoyens américains, désormais conscients qu’ils ne sont plus à l’abri des missiles soviétiques.

A119 : la réponse à Spoutnik

Les américains envisagent de faire exploser une bombe A sur la Lune

C’est dans ce contexte que naît le projet fou de l’US Air Force baptisé A119, pensé comme une démonstration de force : faire exploser une bombe atomique sur la Lune. Certes de moindre puissance que celle de Hiroshima. Mais visible depuis la Terre. Objectif : le terminateur lunaire, la limite entre la partie éclairée et non éclairée de la Lune. La mission est lancée dans le plus grand secret dès le début de janvier 1958. Des rumeurs d’espionnage rapportent que de l’autre côté du monde, quelque part en URSS, une équipe de chercheurs est à l’œuvre sur un projet similaire. Le temps presse. L’astronome Carl Sagan, alors au début de sa carrière, est mandaté pour évaluer les risques d’une telle explosion. Pour s’assurer surtout qu’elle sera bien observable à l’œil nu depuis le sol terrestre, à la faveur de l’éclairage par le Soleil du nuage de poussière qu’elle soulèvera. Le projet sera finalement abandonné au début des années 60 et remplacé par un programme ambitieux de vols habités sur la Lune. D’où naquit le programme Apollo.

lune
541px-Study_of_Lunar_Research_Flights_-_Vol_I_-_Cover

Le projet A119 avait pour but de démontrer la puissance des forces armées et de stimuler le moral de la population des États-Unis, atteint par les succès de l’Union des républiques socialistes soviétiques au début de la course à l’espace.

© Domaine public

Le_Voyage_dans_la_lune

Extrait du Voyage dans la Lune, Georges Méliès, 1902.

Depuis toujours, dans la Lune

La Lune est rapidement devenue l’objectif principal de l’exploration spatiale

Bien avant le premier film de Georges Méliès en 1902, Le Voyage dans la Lune, le satellite de la Terre a toujours fasciné les Hommes. Dès les années 50, russes et américains lancent les premiers programmes spatiaux avec l’objectif d’explorer la Lune, via des sondes destinées à la cartographier. « Luna » en URSS et « Ranger » aux États-Unis ouvrent le bal. Rapidement, les Américains prennent l’avantage malgré le coup dur de Spoutnik. Les programmes « Pioneer » (1958-1960), « Surveyor » (1960-1968) puis « Apollo » avec le premier alunissage humain le 20 juillet 1969 consacrent leur avance. Depuis les années 1990, le Japon, la Chine, l’Inde, Israël et l’Europe ont, eux aussi, choisi la Lune pour cible de leurs programmes d’exploration spatiale. Proximité oblige.

La Cité de l’espace en ligne

Nos ressources et actualités spatiales