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LignoSat, le satellite japonais en bois

Publié le 07 novembre 2024

L’université de Kyoto a mis au point un petit satellite qui utilise du bois pour l’essentiel de sa structure, un matériau estimé moins polluant que le métal. Il sera prochainement largué sur orbite depuis l’ISS afin d’évaluer le concept.

LignoSat, le satellite japonais en bois

Couramment employé pour des constructions parfois impressionnantes sur Terre, le bois pourrait-il s’imposer à l’avenir dans l’espace ? C’est ce que pense l’université de Kyoto au Japon qui va tester cette idée avec son satellite LignoSat.

LignoSat

Un petit satellite pour une grande cause

Afin d’éviter la multiplication des débris autour de la Terre, la principale solution consiste à gérer la fin de vie des satellites en les envoyant volontairement se consumer dans l’atmosphère. Si ce principe apparaît efficace pour réduire la pollution orbitale, il pourrait bien entraîner une autre pollution, celle de la haute atmosphère. Comme le souligne une étude de l’agence américaine NOAA, les satellites qui brûlent ainsi induisent la présence de particules métalliques (par exemple de l’oxyde d’aluminium) dont les effets à long terme, notamment sur la couche d’ozone, restent à évaluer.

Concept de travail de LignoSat (en haut), puis le modèle qui a été envoyé vers l’ISS début novembre.
© Cité de l’espace d’après Kyoto University

Un cube 10 cm pour tester une idée révolutionnaire

Depuis 2020 au Japon, l’université de Kyoto, en collaboration avec Sumitomo Forestry, travaille sur une idée révolutionnaire, à savoir un satellite dont la structure serait en bois et qui limiterait donc drastiquement la pollution par les particules métalliques lors de la rentrée dans l’atmosphère en fin de vie.

Ce concept est désormais un prototype nommé LignoSat. Réalisé selon le standard CubeSat (cube de 10 cm de côté), il a été amené à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) début novembre avec le vol du cargo automatique Dragon CRS-31 de SpaceX.
Passant par l’ISS, LignoSat a dû respecter les exigences de sécurité des vols habités. Il a ainsi été démontré que le bois de magnolia employé ne présentait aucun risque pour les astronautes. Ceux-ci vont en effet larguer sur orbite le petit satellite en utilisant un dispositif du laboratoire japonais Kibo conçu pour envoyer autour de la Terre des engins à la norme CubeSat.

Plus écologique et aussi futuriste ?

L’électronique de bord de LignoSat, alimentée par des cellules solaires, surveillera le comportement du bois exposé aux rigueurs de l’espace (vide, radiations, températures) afin de vérifier s’il peut devenir un matériau viable pour des satellites. L’université de Kyoto souligne qu’en faisant appel aux méthodes traditionnelles du bois au Japon, on évite même le recours aux vis ou autres éléments métalliques d’assemblage. Outre l’avantage environnemental lors de la fin de vie d’un satellite (moins de particules métalliques répandues dans l’atmosphère), le professeur Takao Doi de l’université de Kyoto voit plus loin : «Notre objectif est de construire des habitats humains en bois dans l’espace à l’avenir, comme sur la Lune et sur Mars». Un «chalet» sur notre satellite naturel ou sur la planète rouge : une solution plutôt inattendue !
En cas de succès de LignoSat, un successeur sobrement baptisé LignoSat-2 permettra de continuer cet axe de recherche.

Décollage du cargo automatique Dragon CRS-31 de SpaceX le 4 novembre depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Le vaisseau s’est amarré à la Station Spatiale Internationale le lendemain.
© SpaceX

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