La Lune et la réutilisation en ligne de mire
Pour ses deux étages, le CZ-12 utilise des propulseurs consommant du kérosène et de l’oxygène liquide, un couple d’ergols qu’on retrouve sur d’autres moteurs, par exemple les Merlin du Falcon 9 de SpaceX.
On notera surtout que le premier étage du CZ-12 est équipé de quatre propulseurs YF-100K qui serviront aussi au CZ-10. En dépit d’un chiffre plus petit, le CZ-10 sera bien plus puissant avec ses trois premiers étages accolés les uns aux autres et dotés chacun de sept YF-100K. Ce lanceur super-lourd est destiné aux missions lunaires chinoises habitées. Le succès du CZ-12 marque la première fois que des YF-100K fonctionnent pour un lancement orbital au lieu de tourner sur des bancs d’essai, offrant ainsi un test en conditions réelles des moteurs qui doivent permettre d’envoyer des Chinois vers la Lune.
Enfin, même si le CZ-12 est «classique» en ce sens que chaque exemplaire ne sert qu’une seule fois, son constructeur la SAST ne cache pas sa volonté de mettre au point un lanceur dont le premier étage est réutilisable, à l’image du Falcon 9. En juin dernier, un prototype de 3,8 m de diamètre de la SAST s’est d’ailleurs élevé jusqu’à 12 km d’altitude avant de revenir se poser après avoir déployé des jambes d’atterrissage. Des compagnies privées chinoises travaillent également sur des lanceurs réutilisables.

