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L’ESA choisit Thalès Alenia Space et The Exploration Company pour son futur cargo spatial

Publié le 23 mai 2024

L’Agence spatiale européenne vient de sélectionner Thalès Alenia Space et la startup The Exploration Company pour concevoir le prochain vaisseau cargo. Ils vont recevoir une première enveloppe de 25 millions d’euros. L’ESA espère disposer du premier vaisseau cargo en 2028.

L’ESA choisit Thalès Alenia Space et The Exploration Company pour son futur cargo spatial

L’appel à projet avait été lancé en novembre à l’occasion du sommet de Séville. Un concours entre entreprises européennes innovantes pour fournir un service de transport de fret vers la Station spatiale internationale d’ici à 2028 et de le ramener sur Terre. Le patron de l’ESA Josef Aschbacher parlait alors « d’une première étape qui permet une ambition beaucoup plus grande ». Emmanuel Macron, en visite à Toulouse en décembre 2023, avait appelé les entreprises françaises du secteur à participer à cet appel d’offre. Ce mercredi 22 mai, l’ESA a sélectionné l’entreprise Thalès Alenia Space et son LCRS (LEO Cargo Return System) et la startup française The Exploration Company qui développe sa capsule NYX. Toutes deux ont signé un contrat de 25 millions d’euros pour les études préliminaires. Un financement complémentaire sera discuté en 2025 lors de la prochaine réunion ministérielle. Le premier vol est attendu, si tout va bien, pour 2028.

La capsule Dragon de SpaceX dans sa version cargo ici en 2012 fait partie du programme COTS qui prévoit que le ravitaillement de l’ISS soit confié au secteur privé

© Domaine public

Un COTS à l’européenne

Cet appel d’offre européen montre que l’ESA veut faire confiance au privé comme le fait la NASA

Le programme s’inspire sur les contrats commerciaux signés par la NASA dans le cadre du programme COTS (Commercial Orbital Transportation Services). Le principe est que l’agence américaine confie au secteur privé le ravitaillement de la Station spatiale internationale, mais aussi le transport des équipages. Après la conception des vaisseaux cargos, l’ESA espère aussi que ces capsules pourront être transformées en vaisseaux spatiaux avec équipage. « L’ESA a encore prouvé son leadership dans le domaine spatial pour l’Europe et les citoyens européens. La signature des contrats de service de retour de fret en orbite terrestre basse montre comment l’ESA s’est modernisée pour répondre aux exigences de la prochaine ère de l’économie spatiale », a réagi, par communiqué, Josef Aschabcher.

La firme et la startup

L’ESA a décidé de faire confiance a deux acteurs du spatial très différents

D’un côté, il y Thalès Alenia Space, une valeur sûre. L’entreprise franco-italienne multiplie les collaborations avec l’ESA et avec la NASA. Elle doit notamment concevoir le module d’habitation et de logistique HALO de la future station lunaire Gateway qui sera placée en orbite autour de la Lune. Thalès a également été choisi récemment pour relancer le programme européen ExoMars mis en sommeil depuis le début de la guerre en Ukraine et la fin de la collaboration avec la Russie.

Thalès propose son vaisseau cargo LCRS. Une capsule conique compatible avec « l’ambition future d’acheminer des équipages à bord de stations spatiales habitées en orbite basse » précise le communiqué de Thalès. Elle doit aussi permettre de créer un service de transport de fret en direction de la station Lunar Gateway en orbite autour de la Lune.

Le démonstrateur technologique de véhicule de rentrée ERV (Earth Re-entry Vehicle) servira de base de pour l’évolution vers le futur service de transport de fret en orbite basse, ou « LEO Cargo Return Service ».

© Thalès Alenia Space

La capsule NYX de The Exploration Company est prévue pour 2027.

© The Exploration Company

The Exploration Company, le nouveau venu plein d’ambitions

De l’autre côté, The Exploration Company a les mêmes ambitions. La petite société qui a réussi une levée de fonds de 44 millions de dollars en 2023 travaille sur sa capsule NYX capable de transporter des marchandises en orbite basse et autour de la Lune. Sa première mission de démonstration devrait s’effectuer lors du lancement inaugural d’Ariane 6, désormais prévu pour la première quinzaine de juillet. La startup dirigée par la Française Hélène Huby souhaite aussi travailler avec des clients américains. Elle vient d’ailleurs d’ouvrir un bureau aux États-Unis dirigé par un ancien responsable du programme Orion à la NASA.

Les 25 millions d’euros serviront à financer les études préliminaires et la conception des vaisseaux cargos. L’objectif pour l’ESA est d’avoir au moins un vaisseau opérationnel en 2028.

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