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Le ciel de juillet 2024

Publié le 28 juin 2024

Le ciel estival de juillet offre à nos yeux quelques belles observations avec au programme la Lune, des planètes, les passages de la Station Spatiale Internationale et même une plongée vers le centre de notre galaxie.

Le ciel de juillet 2024

Le solstice du 20 juin étant passé, les nuits rallongent timidement. Cependant, la période estivale favorise toujours grandement la (re)découverte du spectacle de la voûte céleste et juillet 2024 nous amène quelques belles occasions de voyager.

Audio : écoutez la rubrique Toulouse Capitale des Étoiles sur le ciel de l’été (4:06) https://media.radiofrance-podcast.net/ts/podcast09/e2ac5e0af4669181e065596bb83b6628/13096-29.06.2024-ITEMA_23789342-2024B21374S0181-21.mp

Le ciel nocturne de juillet 2024

Cette carte montre le ciel pour Toulouse le 15 juillet à 23h45 (heure légale, donc celle de votre montre).
Elle est valable en grande partie pour le mois de juillet sur toute la France métropolitaine, sauf en ce qui concerne la position de la Lune (sur la droite).
© Cité de l’espace/Stellarium

Jupiter, la Lune et Mars

Sans nécessiter le moindre instrument, voyagez vers trois destinations du Système solaire le 2 juillet avant le lever du Soleil. L’occasion de réfléchir aux distances qui nous séparent de mondes que l’on aperçoit pourtant aisément à l’œil nu.
Vous verrez sans difficulté un croissant de Lune à une vingtaine de degrés au-dessus de l’horizon Est. Notre voisine céleste est alors à 372 000 km, ce qui signifie que la lumière (celle du Soleil qu’elle nous renvoie) met à peine plus d’une seconde à nous parvenir. Concrètement, vous ne voyez pas la Lune telle qu’elle est, mais telle qu’elle était il y a à peine plus d’une seconde.
Sur la droite de la Lune, l’éclair orangé de Mars sera aisément repérable. La planète rouge est en revanche bien plus loin à 259 millions de kilomètres. Vous voyez donc Mars telle qu’elle était il y a 14 minutes.
Sur la gauche de la Lune et plus bas, l’éclat de Jupiter en fera «l’étoile» (ce n’en est pas une bien sûr) la plus brillante. Songez que la plus grande planète du Système solaire sera à 876 millions de kilomètres… La lumière qu’elle réfléchit du Soleil a mis 48 minutes à vous parvenir.
En regardant ces 3 objets, nous passons ainsi de centaines de milliers de kilomètres à plusieurs centaines de millions de kilomètres de distance et de 1 seconde à plusieurs dizaines de minutes de décalage dans le temps ! Si on s’en tient au sens strict du terme, on se rend compte que la notion d’observation «en direct» n’a rapidement que peu de pertinence en astronomie.
Si vous avez des jumelles, selon leur performance, vous pourrez aussi repérer les 4 lunes principales de Jupiter (de gauche à droite) : Callisto, Ganymède, Europe et Io. Elles sont aussi appelées Galiléennes, car découvertes par l’astronome italien Galilée en 1610.

Peu avant le lever du Soleil, l’horizon Est du 2 juillet vous permettra de repérer aisément Jupiter, la Lune et Mars. Avec une paire de jumelles, vous pourrez aussi apercevoir les 4 lunes principales de la plus grande planète du Système solaire. Carte calculée pour Toulouse, mais valable pour le reste de la France Métropolitaine.
© Cité de l’espace/Stellarium

Plongez au cœur de notre galaxie

En juillet, les nuits noires commencent tard. Il convient en effet d’attendre que le Soleil soit 18° sous l’horizon pour que la voûte céleste ne soit plus perturbée par l’éclat résiduel de notre étoile «couchée». En ce mois-ci, il faut donc attendre autour de minuit pour bénéficier des meilleures conditions et voir la Voie Lactée et plonger au cœur de notre galaxie.

Nous présentons ici l’exemple de la nuit du 9 au 10 juillet, mais d’autres nuits seront propices à ce voyage vers le centre galactique. Préférez bien évidemment les nuits où la Lune ne viendra pas amoindrir par son éclat la noirceur du ciel nocturne.
Avant tout, il est indispensable de s’éloigner des centres urbains afin de ne pas être gêné par la pollution lumineuse. Si vous êtes sur une terrasse, n’oubliez pas d’éteindre les éclairages extérieurs. Ne consultez pas non plus votre smartphone, son écran brillant empêchant votre vision de s’adapter à la nuit (comptez environ 10 à 15 minutes). Vous noterez alors au Sud une bande grisâtre plus large proche de l’horizon et qui monte dans le firmament, la Voie Lactée. Il s’agit de notre propre galaxie vue par la tranche et de l’intérieur.

Schémas issus de cette page web de l’Observatoire de Paris et montrant notre position dans notre galaxie, la Voie Lactée.
© Cité de l’espace d’après Observatoire de Paris

Au-dessus de l’horizon Sud, la constellation du Sagittaire, avec sa forme évoquant pour certains une théière, sera votre guide pour imaginer où se situe le centre galactique. En regardant dans cette direction, vos yeux sont donc tournés vers le centre de notre galaxie, son bulbe et noyau au cœur duquel trône le trou noir supermassif Sagitarius A* de 4,3 millions de masses solaires.

Souvent noyée par la pollution lumineuse des centres urbains, la majestueuse Voie Lactée barre le ciel à partir de l’horizon Sud en juillet. Vous regardez notre galaxie vue par la tranche. Cet exemple du 10 juillet à 00h10 n’est pas limitatif. Scrutez le Sud tous les soirs autour de minuit lorsque la Lune ne gêne pas.
© Cité de l’espace/Stellarium

Profitez des passages de l’ISS

Juillet est un mois plutôt favorable pour voir quelques beaux passages de la Station Spatiale Internationale. Celle-ci ne brille pas par elle-même, mais en réfléchissant la lumière du Soleil avec ses larges panneaux solaires et ses modules.
Nous avons sélectionné ci-dessous le passage du 10 juillet pour Toulouse durant lequel l’ISS culminera haut dans le ciel. Attention toutefois, cette carte et les horaires sont calculés pour Toulouse et peuvent changer selon où vous êtes. De plus, les paramètres de ce passage peuvent varier si la station connaît d’ici là des ajustements d’orbite (ce qui se produit régulièrement).

N’hésitez donc pas à consulter notre page Où est la Station ? qui explique comment utiliser le site Heavens-Above afin d’obtenir les paramètres précis des passages adaptés à votre lieu d’observation avec mise à jour en fonction des dernières corrections d’orbite.

Passage de l’ISS le 10 juillet calculé pour Toulouse.
© Cité de l’espace/Stellarium

Mars vous guide vers Uranus

Cette observation nécessite au moins une bonne paire de jumelles, mais elle est intéressante puisqu’elle permet de s’orienter aisément vers une planète plutôt difficile à repérer.

Le 15 juillet, peu avant le lever du Soleil, profitez du fait que Mars sera proche d’Uranus et que ce duo sera à un confortable 24° au-dessus de l’horizon. Visez avec des jumelles l’éclat orangé de Mars qui s’imposera dans cette zone du ciel. Dans le champ de cet instrument, Neptune devrait apparaître et se distinguer par une couleur verdâtre.

Pour reprendre la logique des distances évoquée précédemment, Mars sera à 250 millions de kilomètres (notez qu’elle s’est rapprochée). La proximité d’Uranus est bien évidemment trompeuse puisque la septième planète du Système solaire sera ce 15 juillet à 3 milliards de kilomètres de nous, soit un temps-lumière de 2 heures et 47 minutes !

Le 15 juillet, avant le lever du Soleil, utilisez Mars à l’Est comme repère pour apercevoir Uranus dans le champ d’une paire de jumelles.
© Cité de l’espace/Stellarium

Duo Lune et Saturne

Le 25 juillet nous retrouvons un duo déjà plusieurs fois mis en avant les mois précédents : la Lune et Saturne. Notre voisine céleste mérite pleinement son qualificatif de voisine à 361 000 km. La géante aux anneaux demandera, elle, un voyage de 1,3 milliard de kilomètres, soit 1 heure et 14 minutes, mais à la vitesse de la lumière.
Si vous avez accès à un télescope ou une lunette, les anneaux seront visibles. Toutefois, ces derniers se font de plus en plus les «discrets». En mars 2025 la Terre passera en effet dans le plan des anneaux qui seront alors vus «par la tranche», ce qui se produit environ tous les 15 ans. En 2032, l’angle maximal avec ceux-ci (27°) sera à nouveau atteint. Ainsi, pendant 7 ans à partir de mars 2025, le spectacle des anneaux ne cessera d’être de plus en plus impressionnant.

Le 25 juillet, attendez que la Lune et Saturne « montent » haut dans le ciel (par exemple 2h du matin). Une Lune gibbeuse décroissante au Sud vous guide vers l’éclat faiblement jaunâtre de Saturne.
© Cité de l’espace/Stellarium

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