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Ariane 6 décollera le 9 juillet

Publié le 05 juin 2024

L’ESA a officialisé la date de lancement du nouveau lanceur européen Ariane 6. Elle doit quitter le pas de tir de Kourou le 9 juillet, une annonce faite par le Directeur général de l’ESA Josef Aschbacher depuis le Salon de l’aéronautique de Berlin (ILA).

Ariane 6 décollera le 9 juillet

L’annonce était très attendue. Le 21 mai, l’ESA avait déjà présenté une première fenêtre de tir entre le 1ᵉʳ et le 15 juillet. Ce sera finalement le 9 juillet 2024 que la fusée Ariane 6 devrait quitter le pas de tir ELA 4 de Kourou. Une annonce faite par Josef Aschbacher le directeur général de l’ESA depuis l’ILA de Berlin, le Salon allemand de l’aéronautique. Ce vol, après quinze années de développement devrait permettre à l’Europe de retrouver un accès autonome à l’espace. Il devrait durer 2h51 et emporter 11 charges utiles.

Ariane 6 existera en version 62 avec deux boosters, comme lors du vol inaugural. Un autre version Ariane 64 permettra de doubler la masse de la charge utile en orbite basse ou géostationnaire.
© ESA

Les caractéristiques d’Ariane 6

Le nouveau lanceur européen Ariane 6 sera disponible en deux versions à 2 ou 4 boosters

Ariane 6 existera en plusieurs versions pour gagner en flexibilité. Haute de 56m dans sa version la plus courte, elle pourra mesurer jusqu’à 62m. Son diamètre de 5m40 est similaire à celui de sa grande sœur Ariane 5. Le lanceur sera disponible dans une version 62 avec deux boosters d’appoint qui fournissent l’essentiel de la poussée au décollage. Dans cette version, qui décolle le 9 juillet 2024, la masse au décollage est de 540t.

Une version à quatre boosters, plus puissante

Une seconde version, Ariane 64, avec quatre boosters pourrait permettre de doubler la masse de la charge utile à placer en orbite basse ou géostationnaire. Ariane 64 permettra ainsi de placer jusqu’à 21t en orbite basse contre 10t en version 62. En orbite géostationnaire, Ariane 64 pourra placer des satellites de 11,5t contre 4,5t en version 62.

Le vol doit durer un peu plus de 2h50

©ESA

Comment va se dérouler le décollage ?

La mission doit durer un peu plus de 2h50

  • -00:00:07 Allumage du moteur principal : Le premier à s’allumer, 7 secondes avant la fin du compte à rebours, sera le moteur à hydrogène et oxygène liquide Vulcain 2.1.
  • 00:00:00 Allumage des boosters : Ensuite, les boosters vont s’allumer et bruler leurs 142t de poudre, chacun, pendant 2min15 jusqu’à leur séparation de l’étage principal.
  • +00:03:40 Séparation de la coiffe : Le lanceur est déjà assez haut pour que l’atmosphère n’endommage plus les charges utiles, la coiffe peut s’ouvrir.
  • +00:07:41 Séparation du premier étage et allumage du moteur Vinci : Le moteur de l’étage supérieur va s’allumer pendant une dizaine de minutes, puis une seconde fois, 56 minutes après le décollage.
  • +01:06:03 Libération des charges utiles Neuf charges utiles de ce vol inaugural qui en compte onze vont être libérées en trois fois. Il s’agit principalement de petits Cubesats et de microsatellites de faible masse, loin des capacités d’Ariane 6
  • +02:40:13 Libération des capsules : Ce vol embarque aussi la capsule Nyx Bikini de The Exploration Company et la capsule SpaceCase SC-X01. Elles seront libérées après plusieurs allumages du moteur Vinci.
  • +02:51:40 Fin de la mission

Ariane 6 embarque 11 charges utiles pour ce vol inaugural.

©ESA

Un vol inaugural risqué

Malgré tous les tests préalables et toutes les vérifications, ce vol inaugural présente des risques. En avril, lors du Symposium spatial, Josef Aschbacher, directeur général de l’ESA, avait prévenu. « Statistiquement, il y a 47 % de chances que le premier vol ne réussisse pas ou ne se déroule pas exactement comme prévu », avait-il déclaré. Un chiffre qui correspond aux statistiques des vols inauguraux des grands lanceurs. On se souvient d’ailleurs que le premier vol d’Ariane 5 ne s’était pas bien passé. Suite à un problème informatique, Ariane 5 avait explosé seulement 36 secondes après son décollage. Un contretemps qui ne l’avait pas empêchée de connaître une carrière exceptionnelle. « Nous ferons tout notre possible pour que ce vol soit un succès », a poursuivi le patron de l’ESA. « Mais je pense que c’est quelque chose que nous devons garder à l’esprit ».

Le moteur Vinci de l’étage supérieur lors de tests d’allumage.

© ESA

Un symbole de souveraineté européenne

Ariane 6 va permettre de retrouver de l’autonomie pour accéder à l’espace

Toujours lors du Symposium du mois d’avril, Josef Aschbacher parlait de ce lancement comme du « grand événement de l’année pour l’Europe dans l’espace ». C’est qu’avec la fin d’Ariane 5 l’an dernier, et avec les lanceurs Vega et Vega-C cloués au sol, l’Europe traverse une crise des lanceurs sans précédent. Une crise qui s’est aggravée avec la fin de la coopération avec la Russie liée à la guerre en Ukraine. L’Europe a même été contrainte de faire appel aux fusées réutilisables de SpaceX pour le lancement des satellites Galiléo en avril et pour la mise en orbite du satellite EarthCare, le 28 mai, chargé de surveiller les nuages.

Un long développement

 

Il a fallu près de 15 ans pour permettre ce premier vol du nouveau lanceur européen. C’est dès 2009, qu’un rapport du CNES indiquait qu’il était nécessaire de trouver un successeur à Ariane 5. Après cinq ans d’études, le premier vol était initialement prévu en 2020. Mais ce lancement inaugural a d’abord été retardé par la pandémie de Covid-19, puis par des problèmes techniques. En novembre dernier, après une répétition au sol, l’ESA, le CNES et ArianeGroup tablaient sur un vol cet été, une date qui semble désormais ferme.

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