• Astronomie

Les planètes errantes d’Euclid

Publié le 11 juin 2024

Conçu pour étudier la matière noire et l’énergie sombre, le télescope spatial européen Euclid récolte des données qui peuvent être utilisées autrement. Il a ainsi permis d’identifier plusieurs planètes errantes, éjectées de leur système stellaire.

Les planètes errantes d’Euclid

Voici bientôt 1 an, le 1er juillet 2023, un Falcon 9 de SpaceX envoyait Euclid vers une orbite autour du point de Lagrange Terre-Soleil L2 à 1,5 million de kilomètres de notre planète. Cette zone, loin des perturbations de la Terre, est considérée comme idéale pour les observatoires spatiaux, d’ailleurs le James Webb Space Telescope y est aussi posté.

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Le télescope spatial Euclid (illustration).
© ESA/ATG

La matière noire et l’énergie sombre, mais pas que…

Bien plus modeste (miroir de 1,2 m au lieu de 6,5 m), Euclid a été conçu par l’agence Spatiale Européenne (ESA) afin de cartographier des portions précises du ciel en vue de permettre aux astronomes de mieux comprendre la matière noire (matière dont on constate les effets gravitationnels, mais qu’on ne voit pas) et l’énergie sombre (force qui accélère l’expansion de l’univers).
Toutefois, les nombreuses données engrangées par les observations d’Euclid ne sont pas «égoïstes» pour ainsi dire et peuvent servir à bien d’autres travaux. C’est ainsi qu’elles sont à l’origine de la découverte de nouvelles planètes errantes, des mondes qui ne tournent pas autour d’une étoile !

D’intrigants mondes vagabonds

Les simulations de formation de mondes autour d’une étoile naissante (scénario qui s’applique à notre Terre) montrent que, parfois, des collisions ou autres mécanismes peuvent théoriquement aboutir à l’éjection d’une planète de son système d’origine. Dans le courant des années 2000, les astronomes détectent même les premiers objets qu’on qualifie de planètes errantes ou orphelines (rogue planets en anglais).

Aujourd’hui, ces mondes vagabonds s’imposent comme un domaine d’étude à part entière. Pour les trouver, le tri des données des observatoires s’avère souvent efficace. Ainsi, celles déjà acquises par Euclid révèlent 7 planètes errantes d’environ 4 fois la masse de Jupiter.

Ce mondes ne sont cependant pas tous aussi grands : on théorise des tailles comparables à la Terre et même qu’ils puissent conserver un moment leur atmosphère (et pourquoi pas d’éventuelles lunes). 

Illustration d’une planète errante semblable à Jupiter. De tels mondes ne peuvent pas être observés de cette façon, y compris par les télescopes les plus puissants. Il s’agit ici d’une image d’artiste réalisée pour communiquer sur le sujet.
© ESO

De telles planètes éjectées assez tôt lors de la formation de leur système stellaire d’origine ont probablement encore un noyau chaud et restent alors géologiquement actives. Des conditions pas trop défavorables à l’émergence du vivant y seraient potentiellement présentes. En tout cas, l’hypothèse est posée.
Par la qualité de ses observations et du catalogue de données qu’il constitue peu à peu, le télescope spatial Euclid a donc déjà apporté sa pierre à un domaine étonnant de l’astronomie, celui des mondes errants sans étoile.

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