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Terran 1 passe le max Q

Publié le 23 mars 2023

Le 22 mars, la société américaine Relativity Space a inauguré son lanceur Terran 1 dont 85 % a été imprimé en 3D. Après le décollage, la délicate phase de pression dynamique maximale (max Q) a été passée, mais l’orbite n’a pas été atteinte.

Terran 1 passe le max Q

Fondée en 2015, Relativity Space fait partie de ces sociétés qui entendent révolutionner l’accès à l’espace en baissant le coût d’un lancement, notamment par la mise en œuvre de nouvelles technologies. Forte aujourd’hui d’un peu plus de 700 employés, la firme basée à Long Beach en Californie s’inscrit dans la mouvance dite du New Space.

Un lanceur imprimé en 3D

Dans ses locaux californiens, Relativity Space a particulièrement travaillé l’approche de l’impression 3D pour la réalisation d’un lanceur. Une recette également appliquée à ses propulseurs Aeon qui consomment du méthane et de l’oxygène liquide. Si le recours à ce mode de fabrication n’est pas totalement une nouveauté dans le spatial, la firme privée se distingue toutefois dans ce domaine. En effet, son lanceur Terran 1 est issu pour 85 % de sa masse de l’impression 3D ! La vidéo ci-contre montre en accéléré la réalisation d’un réservoir par ce procédé.

Terran 1 sur son pas de tir du complexe de lancement n°16 de la Cape Canaveral Space Force Station en Floride.
© Relativity Space

Pas d’orbite, mais le max Q est passé

Le Terran 1 est un petit lanceur de 35,2 m de haut conçu pour placer environ 1,5 tonne sur orbite basse. Des performances modestes qui permettent à la firme de tester son concept avant de développer un autre lanceur bien plus puissant, le Terran R de 66 m de haut qui vise 20 tonnes sur orbite basse. Il sera de plus réutilisable (ce qui explique la lettre R après Terran).
Mais avant d’en arriver là, Relativity Space entend faire ses preuves avec Terran 1. L’entreprise californienne a sélectionné la Cape Canaveral Space Force Station pour son vol inaugural et prévenu que le but principal était de passer le max Q, soit la pression dynamique maximale. Il s’agit du moment où le lanceur subit les plus grandes contraintes aérodynamiques, généralement peu de temps après le décollage. En effet, même si l’engin gagne en vitesse au fur et à mesure de son ascension, il atteint aussi des altitudes où la densité de l’air est bien moindre et du coup les contraintes aérodynamiques diminuent. Pour Terran 1, le max Q intervient 80 secondes après l’envol. Une étape passée avec succès le 22 mars.
La vidéo ci-dessus est l’enregistrement du direct du lancement. Le décollage se produit à 1:29:38 (l’article continue sous la fenêtre vidéo).

Enregistrement du direct de Relativity Space pour le vol inaugural de son lanceur Terran 1 le 22 mars 2023.

À 23h25 heure locale de Floride le 22 mars, les 9 propulseurs Aeon du premier étage se sont donc allumés et Terran 1 a quitté son pas de tir du Complex 16. Une fois le max Q franchi, le petit lanceur a continué jusqu’à la séparation de son second étage, 2 minutes et 45 secondes après le décollage. Malheureusement, l’unique propulseur Aeon de cet étage a rapidement connu une anomalie et l’orbite terrestre n’a pas été atteinte. Terran 1 n’emportait pas de satellite pour ce vol d’essai.
Relativity Space insiste cependant sur le fait que cette mission prouve qu’un lanceur fabriqué par impression 3D offre la résistance attendue aux fortes contraintes d’un décollage, surtout le passage du fameux max Q. La compagnie compte donc bien continuer en s’appuyant sur les données récoltées lors du vol.

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