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Thomas Pesquet se livre avec beaucoup de sincérité

Publié le 27 octobre 2023

Dans son livre, “Ma vie sans gravité”, Thomas Pesquet se confie comme jamais sur son parcours, sur son rapport à la célébrité et sur la façon dont son couple a traversé ce tourbillon.

Thomas Pesquet se livre avec beaucoup de sincérité

Il sait tout faire. Piloter un Soyouz, faire une sortie extra véhiculaire, jouer du saxophone dans la Cupola de l’ISS, piloter un avion zéro G., chanter à la soirée des Enfoirés, même commenter la prestation du Stade Toulousain à la mi-temps de la finale du Top 14… mais dans son livre “Ma vie sans gravité”, Thomas Pesquet ouvre la porte des coulisses. Il se révèle touchant, amoureux, tellement humain. Et ces confidences rendent ses performances peut-être encore plus exceptionnelles. 

Moi, astronaute ?

Il casse le mythe du destin tout tracé depuis l’enfance

On connaît le super-héros. On apprend à connaître l’homme. Sous cette apparence de gendre idéal passé maître de la communication on découvre un garçon qui rêvait d’être chevalier ou pilote de chasse, mais pas forcément d’être astronaute. “Si Star Wars m’a fasciné”, (il y fait référence en permanence) ,“Je n’ai, jusqu’à tardivement, jamais pensé imaginable d’épouser une carrière spatiale”.

Déjà tout petit ? Non…

C’est un ami qui, en 2008, lui propose d’envoyer sa candidature à l’ESA. Rien d’évident pour lui. Il parle de cette photo où il apparaît dans un carton et qu’on lui présente presque à chaque interview télévisée. “C’est votre premier vaisseau spatial ? » lui demande-t-on inlassablement. « Oui, déjà…” répond-il dans un sourire. Une version qui colle avec le personnage qu’il s’est forgé. Dans le livre, il admet qu’il s’agissait plus probablement d’un simple camion construit par son père. Quant à la maquette de Challenger qu’on lui offre adolescent, le résultat “est un vrai carnage”. Il n’est pas minutieux. Tout juste reconnaît-il une passion pour les cartes. “Je trouve formidable de voir les choses d’en haut”.
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Thomas Pesquet aux côté de l’astronaute américaine Peggy Whitson lors de sa première mission dans l’ISS, Proxima.
@NASA / ESA

Fonceur et blagueur

Le ton est décalé, parfois presque détaché et fait penser au livre de Michael Collins “Carrying the fire” qui semble être une vraie source d’inspiration. Toy Story, Teletubbies, Bruce Lee, Bioman, The Big Bang Theory, les références à la pop culture, bien souvent générationnelles sont partout. Il adore Tolkien, les Trois Mousquetaires, le Club des cinq mais n’a jamais été mordu de science fiction.

On découvre aussi le fêtard, qui joue du saxophone dans la fanfare de Supaéro, et participe même au festival de bandas de Condom. Le blagueur qui fait croire à l’astronaute italien Luca Parmitano qu’il a échoué à son dernier test lors de leur formation à Cologne. Celui, aussi, qui flotte à toute allure dans la Station spatiale internationale et prend des virages en épingle à cheveux. Il s’aide d’une main courante au dernier moment quitte à finir parfois dans la paroi d’en face.

thomas pesquet devant la coupola

Thomas Pesquet joue du saxophone dans le module européen Cupola qui permet d’observer la Terre depuis l’ISS.
@NASA / ESA

Premier en tout et tout essayer

Potache, rieur, mais très bon élève

Attention, si il a été choisi par c’est quand même qu’il sort du lot. Élevé par des parents profs. “Notre ligne à nous c’est l’école de la République. Les bonne notes sont donc le prix de la tranquillité. Souvent premier mais au fond de la classe, il touche à tout, multiplie les apprentissages, les expériences et les activités. “Par nature, admet-il. J’aime être premier en tout mais également tout essayer”.

8400 candidats, 6 élus

On en apprend plus sur la sélection de l’ESA. Les questions qui déstabilisent. L’intensité des tests et des entretiens jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Sans nouvelle du jury deux jours avant la conférence de presse de présentation de la promotion 2009, il pense que tout est fichu. Puis, un coup de fil. Il apprend qu’il est sélectionné. Il l’annonce à Anne Mottet, sa compagne et à ses parents. Le dialogue est touchant. Le début d’un saut dans le vide. A l’ESA juste avant d’être présenté la consigne est claire Efforcez-vous de ne pas aborder de choses intimes et personnelles. Thomas cède la place à Thomas Pesquet.

Une place pour chaque chose, chaque chose à sa place

Chez les Pesquet on est organisés

Il est aussi très ordonné. “Tatasse” comme il appelle ça. Une organisation qui vire au trouble obsessionnel. C’est familial paraît-il. Son père trille et étiquette les boulons par type et par taille. “On est comme ça chez les Pesquet”. Un souci permanent qui lui servira dans l’ISS. A peine arrivé pour la mission Proxima, il réussit à retrouver une pièce de rechange mal rangée pour réparer les toilettes. A son retour en 2021, il réorganise aussi tout le module européen Columbus qui avait un peu trop servi d’espace de stockage en l’absence d’astronautes européens en orbite.

Le 5 mai 2010, les 6 astronautesde l’ESA fraîchement nommés visitaient la Cité de l’espace. 
@Cité de l’espace

Lettre à Anne

Sa compagne est présente tout au long du récit

Depuis sa première mission, Thomas Pesquet a pris conscience de ce qu’elle a enduré.

Le titre est trompeur. De la gravité il y en a. Surtout quand il évoque Anne. Ce livre est une véritable lettre d’amour à sa compagne, pour lui dire qu’elle a raison, pour lui dire qu’il a compris. Elle est en filigrane sur toutes les pages. Il a pris conscience de l’ampleur de ce qu’elle a vécu. On est en coulisses avec eux, dans les chambres d’hôtels au milieu de leurs discussions, parfois houleuses. Elle, qui ne le reconnaît pas quand elle le voit au 20h de TF1. J’ai peur. Je t’ai vu au JT. C’est comme si c’était une autre personne.” 

Thomas Pesquet se rend compte que toute leur vie va changer. “A cause de moi”. Il tient un journal de bord de cet éloignement difficile à vivre quand il suit sa formation à Cologne.

«Tu vas faire ton truc à toi»

De l’angoisse d’Anne juste avant le décollage de la fusée Soyouz. “Tu vas faire ton truc à toi mais tu nous abandonnes tous et tu m’abandonnes moi”. Des appels quotidiens dans l’ISS. “La prochaine fois si tu pars dans l’espace je ne serai pas là” lui explique Anne à son retour de son premier séjour dans l’ISS. La peur, l’attente, une vie de couple toute entière tournée vers ce seul objectif. C’est trop dur à vivre. “Je suis fière de toi. Mais non, évidemment: il n’y a rien de positif pour moi”. Pourtant, elle reste à ses côtés en 2021, quand il fait partie du Crew-2, malgré toutes les restrictions liées au Covid. La première dédicace lui est consacrée comme les premiers remerciements.

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A son retour sur Terre, l’astronaute français est livide. Il rassurer sa compagne, répond au Président de la République, le téléphone semble peser une tonne. Dans le livre il raconte qu’ensuite, à l’abri, il n’a pas cessé de vomir.
@ESA

Super-impresionné

Décollage, sorties extra-véhiculaire… il n’hésite pas à dire qu’il a parfois eu peur

L’humanité on la retrouve aussi dans la peur que Thomas Pesquet exprime. Dans le Soyouz, alors qu’il est assis au sommet de cette fusée gigantesque. La peur aussi, lorsqu’il doit faire sa première sortie extra-véhiculaire. Celle qu’il est pourtant interdit d’exprimer pour ces astronautes qui s’y préparent tellement et qui n’attendent que ça.Arrêtez les gars : c’est super impressionnant ! tance-t-il ses collègues qui jouent les gros bras.

Des exploits encore plus grands

La peur toujours quand soudain une alarme retentit dans l’ISS pour une alerte au feu ou une désorientation de la station lors de l’amarrage du module russe Nauka. En lisant ces confessions sincères, on s’autorise à se mettre à sa place, à compatir, on est ému et ses exploits n’en paraissent que plus exceptionnels.

Retour sur Terre

Une célébrité soudaine et parfois pénible

«Ils veulent tous un morceau de moi»

Et puis il y a les retours sur Terre. Les mois où le corps doit réapprendre à vivre avec la pesanteur. Il y a aussi les sollicitations des politiques, des médias, des associations, des écoles, du public… “Je parle à 157 inconnus par jour qui veulent tous un petit morceau de moi”, les milliers de selfies, l’impossibilité de se déplacer sans être reconnu, dévisagé.

Je ne peux plus aller nulle part” reconnaît-il. Tout le monde connaît désormais son nom et sa tête. La mission de communication qu’il s’était fixé de refaire rêver en parlant de l’espace est un immense succès. Le revers de la médaille se paie cher.

Et après ?

Alors qu’il voit l’ISS s’éloigner à travers le hublot du Dragon, il admet qu’après deux mission il est raisonnable de lui dire adieu. “J’espère ne pas en avoir fini avec l’exploration spatiale. […] Si la possibilité d’aller encore plus loin se concrétise demain, comment y renoncer ?

Ma vie sans gravité

Thomas Pesquet

Editions Flammarion

ÇA SE PASSE À LA CITÉ DE L’ESPACE

ANIMATION : COMMENT L’ESA RECRUTE SES ASTRONAUTES ?

Tests de mémoire, psychologiques, examens médicaux, comme Thomas Pesquet ou Sophie Adenot, les astronautes de l’Esa doivent passer toute une série d’évaluations avant d’être sélectionnés. A la Cité de l’Espace, l’atelier participatif « Comment l’ESA recrute ses astronautes ?« , conçue en collaboration avec l’Agence spatiale européenne, permet de découvrir comment se passe ce recrutement.

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Conçu en partenariat avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA), cet atelier participatif permet de comprendre comment se déroule le recrutement des astronautes européens.
@Cité de l’espace

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