Thomas Pesquet joue du saxophone dans le module européen Cupola qui permet d’observer la Terre depuis l’ISS.
@NASA / ESA
Publié le 27 octobre 2023
Dans son livre, “Ma vie sans gravité”, Thomas Pesquet se confie comme jamais sur son parcours, sur son rapport à la célébrité et sur la façon dont son couple a traversé ce tourbillon.
Il sait tout faire. Piloter un Soyouz, faire une sortie extra véhiculaire, jouer du saxophone dans la Cupola de l’ISS, piloter un avion zéro G., chanter à la soirée des Enfoirés, même commenter la prestation du Stade Toulousain à la mi-temps de la finale du Top 14… mais dans son livre “Ma vie sans gravité”, Thomas Pesquet ouvre la porte des coulisses. Il se révèle touchant, amoureux, tellement humain. Et ces confidences rendent ses performances peut-être encore plus exceptionnelles.
Thomas Pesquet aux côté de l’astronaute américaine Peggy Whitson lors de sa première mission dans l’ISS, Proxima.
@NASA / ESA
Le ton est décalé, parfois presque détaché et fait penser au livre de Michael Collins “Carrying the fire” qui semble être une vraie source d’inspiration. Toy Story, Teletubbies, Bruce Lee, Bioman, The Big Bang Theory, les références à la pop culture, bien souvent générationnelles sont partout. Il adore Tolkien, les Trois Mousquetaires, le Club des cinq mais n’a jamais été mordu de science fiction.
On découvre aussi le fêtard, qui joue du saxophone dans la fanfare de Supaéro, et participe même au festival de bandas de Condom. Le blagueur qui fait croire à l’astronaute italien Luca Parmitano qu’il a échoué à son dernier test lors de leur formation à Cologne. Celui, aussi, qui flotte à toute allure dans la Station spatiale internationale et prend des virages en épingle à cheveux. Il s’aide d’une main courante au dernier moment quitte à finir parfois dans la paroi d’en face.
Thomas Pesquet joue du saxophone dans le module européen Cupola qui permet d’observer la Terre depuis l’ISS.
@NASA / ESA
Il est aussi très ordonné. “Tatasse” comme il appelle ça. Une organisation qui vire au trouble obsessionnel. C’est familial paraît-il. Son père trille et étiquette les boulons par type et par taille. “On est comme ça chez les Pesquet”. Un souci permanent qui lui servira dans l’ISS. A peine arrivé pour la mission Proxima, il réussit à retrouver une pièce de rechange mal rangée pour réparer les toilettes. A son retour en 2021, il réorganise aussi tout le module européen Columbus qui avait un peu trop servi d’espace de stockage en l’absence d’astronautes européens en orbite.
Le 5 mai 2010, les 6 astronautesde l’ESA fraîchement nommés visitaient la Cité de l’espace.
@Cité de l’espace
Thomas Pesquet se rend compte que toute leur vie va changer. “A cause de moi”. Il tient un journal de bord de cet éloignement difficile à vivre quand il suit sa formation à Cologne.
De l’angoisse d’Anne juste avant le décollage de la fusée Soyouz. “Tu vas faire ton truc à toi mais tu nous abandonnes tous et tu m’abandonnes moi”. Des appels quotidiens dans l’ISS. “La prochaine fois si tu pars dans l’espace je ne serai pas là” lui explique Anne à son retour de son premier séjour dans l’ISS. La peur, l’attente, une vie de couple toute entière tournée vers ce seul objectif. C’est trop dur à vivre. “Je suis fière de toi. Mais non, évidemment: il n’y a rien de positif pour moi”. Pourtant, elle reste à ses côtés en 2021, quand il fait partie du Crew-2, malgré toutes les restrictions liées au Covid. La première dédicace lui est consacrée comme les premiers remerciements.
A son retour sur Terre, l’astronaute français est livide. Il rassurer sa compagne, répond au Président de la République, le téléphone semble peser une tonne. Dans le livre il raconte qu’ensuite, à l’abri, il n’a pas cessé de vomir.
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“Je ne peux plus aller nulle part” reconnaît-il. Tout le monde connaît désormais son nom et sa tête. La mission de communication qu’il s’était fixé de refaire rêver en parlant de l’espace est un immense succès. Le revers de la médaille se paie cher.
Alors qu’il voit l’ISS s’éloigner à travers le hublot du Dragon, il admet qu’après deux mission il est raisonnable de lui dire adieu. “J’espère ne pas en avoir fini avec l’exploration spatiale. […] Si la possibilité d’aller encore plus loin se concrétise demain, comment y renoncer ?”
Tests de mémoire, psychologiques, examens médicaux, comme Thomas Pesquet ou Sophie Adenot, les astronautes de l’Esa doivent passer toute une série d’évaluations avant d’être sélectionnés. A la Cité de l’Espace, l’atelier participatif « Comment l’ESA recrute ses astronautes ?« , conçue en collaboration avec l’Agence spatiale européenne, permet de découvrir comment se passe ce recrutement.
Conçu en partenariat avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA), cet atelier participatif permet de comprendre comment se déroule le recrutement des astronautes européens.
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