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La Chine invite le monde à bord de sa station

Publié le 29 mai 2018

Dans le cadre d’un accord avec les Nations Unies, l’agence spatiale chinoise invite les pays qui le souhaitent à proposer des expériences scientifiques qui seront menées à bord de la future CSS, la China Space Station.

La Chine invite le monde à bord de sa station

La Chine n’est plus une puissance spatiale émergente : elle est une puissance spatiale tout court ! Son programme astronautique, militaire comme civil, couvre les domaines «classiques» comme les télécommunications, l’observation de la Terre ou encore la géolocalisation. Surtout, la Chine a attiré l’attention sur elle avec les succès de ses vols habités : 6 missions depuis 2003 dont 3 à destination de ses stations spatiales Tiangong-1 (juin 2012 et juin 2013) puis Tiangong-2 (octobre 2016). Désormais elle vise une large coopération internationale dans ce domaine.

Une opportunité pour les pays en voie de développement

Au début du mois d’avril dernier, Tiangong-1 s’est consumée dans l’atmosphère au-dessus de l’océan Pacifique. Cette station consistait en un unique module qui au moment de sa rentrée n’était plus habité depuis longtemps. Tiangong-2, qui en revanche orbite toujours autour de la Terre, est une copie presque conforme de Tiangong-1. Ce n’est toutefois pas avec Tiangong-2 que l’agence spatiale chinoise compte développer un programme de coopération, mais avec sa future CSS. 

La CSS (China Space Station) selon une illustration officielle. Contrairement à Tiangong-1 et 2, cette station sera constituée de plusieurs modules. Crédit : CMSA

La CSS (China Space Station) selon une illustration officielle. Contrairement à Tiangong-1 et 2, cette station sera constituée de plusieurs modules.
Crédit : CMSA

Cette China Space Station sera cette fois-ci évolutive car formée de plusieurs modules qui seront lancés successivement et qui se rejoindront sur orbite avec probablement une procédure d’amarrage automatique à l’image de la Mir soviétique puis russe.

Réplique grandeur nature de la station Mir à la Cité de l’espace à Toulouse. L’architecture de la CSS en reprend les grands principes de base. Crédit : Cité de l’espace

Réplique grandeur nature de la station Mir à la Cité de l’espace à Toulouse. L’architecture de la CSS en reprend les grands principes de base.
Crédit : Cité de l’espace

«La CSS n’appartient pas qu’à la Chine mais au monde entier» a déclaré Shi Zhongjun, l’ambassadeur chinois auprès des Nations Unies. Ces propos très symboliques ont été tenus au Bureau des affaires spatiales des Nations Unies à Vienne en Autriche le 29 mai. Voir notamment le tweet ci-dessous.

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Toutefois, au-delà du symbole (car la CSS sera toujours propriété de la Chine), l’agence spatiale chinoise compte bien accueillir au sein de sa prochaine station des expériences scientifiques venues d’autres pays, plus exactement ceux qui sont membres des Nations Unies. Il s’agit là d’un programme qui résulte d’une coopération entre le Bureau des affaires spatiales des Nations Unies (UNOOSA) et la China Manned Space Agency. Le communiqué officiel de l’UNOOSA précise que cette initiative vise «en particulier les pays en développement» dans le cadre de son Human Space Technology Initiative (HSTI) créée en 2010 afin d’impliquer plus de nations dans les vols habités. Un autre document détaille le processus pour que des institutions soumettent des projets d’expérimentations à accomplir à bord de la CSS ou sur une plateforme à l’extérieur de celle-ci, donc exposées au vide spatial. La date limite pour candidater est fixée au 31 août 2018. La sélection finale sera annoncée en août 2019.
La proposition chinoise pourrait en effet intéresser des pays en développement car souvent ceux-ci ne disposent pas des ressources, notamment financières, pour accéder à l’orbite terrestre. Or, mener des expériences dans l’espace peut servir à stimuler des filières universitaires nationales ainsi que le tissu industriel. De son côté, la Chine y gagne des liens potentiellement importants en matière de coopération dans les domaines technologiques et scientifiques. Bien évidemment, son prestige diplomatique sur la scène internationale n’en sera que renforcé.
Le premier élément de la CSS doit être lancé en 2019 et la station être opérationnelle dès 2022.

 

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