es Soviétiques et leurs stations
Depuis quinze ans, l’URSS met régulièrement sur orbite des stations Saliout. À l’origine, elles devaient tenter d’éclipser l’échec lunaire face à Apollo en faisant croire que les Soviétiques n’avaient jamais participé à la course à la Lune et préféraient se consacrer à des applications plus sérieuses et moins onéreuses. Pour ce faire, ils avaient détourné les ressources du programme de station militaire Almaz pour disposer rapidement de stations civiles, accessibles avec le vaisseau Soyouz. C’est ainsi que Saliout 1 fut lancée le 19 avril 1971. Après l’échec de Saliout 2 en 1973, Saliout 4 suivra en 1974. Deux stations militaires, Saliout 3 en 1974 et Saliout 5 en 1976 se glisseront discrètement dans le programme. Dotées d’une seule baie d’amarrage, ces premières stations ne peuvent être ravitaillées et ne permettent donc pas de réaliser des vols de longue durée.
Les choses changent avec Saliout 6 en 1977, puis Saliout 7 en 1982, conçues avec deux baies pour recevoir deux vaisseaux simultanément. Les équipages peuvent désormais être relevés et ravitaillés par des cargos automatiques Progress, dérivés du vaisseau habité Soyouz. Dès lors, les Soviétiques battent régulièrement des records de vols de longue durée dans l’espace et accueillent des cosmonautes «invités» à bord, dont le Français Jean-Loup Chrétien en 1982. Ces stations ont été les prototypes de Mir, qui dispose pour sa part de six baies d’amarrage et peut donc servir de «moyeu» sur lequel viendront se greffer des modules laboratoires spécialisés : Kvant 1 et 2 (1987 et 1989), Kristall (1990), Priroda et Spektr (1996).

